Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

dimanche 8 août 2010

De Passau à Vienne

Passau – Linz ; 5 août 

Il n’a pas plu cette nuit !! Extraordinaire…la journée s’annonce assez belle. Elle le sera et heureusement car les deux premiers tiers du parcours sont sublimes.
Sitôt sorti de Passau, le Danube va tracer son sillon à travers une vallée très encaissée. La voie vélo longe au ras des rives ce grand fleuve. On est entré en Autriche, 
je ne sais pas où exactement puisque maintenant les frontières terrestres dans l’UE n’existent plus ….c’est un peu dommage, les frontières suscitent toujours de l’angoisse quand on montre son passeport ou son visa !
Le paysage est superbe, la voie vélo aussi, il y a beaucoup de cyclistes sur cette partie du parcours et tout est fait pour les accueillir, nombreux petits cafés, restaurants, réparateurs etc…
Par deux fois je vais prendre le ferry
 car la
vallée est très étroite et longer le fleuve n’est pas possible. Les champs sont très verts…il pleut tellement souvent ! On sent un paysage préalpin. 

Et puis brusquement après le passage du deuxième ferry qui nous débarque dans la petite bourgade de Neuhaus, la vallée si joliment encaissée prend fin et laisse place à une morne plaine. Progressivement on approche de Linz, ce sont alors des industries qui apparaissent, la magie de ce beau fleuve laisse place à une autre réalité…en plus la voie vélo qui arrive à Linz est en parallèle avec les routes de sortie Linz, je ne sais si c’est le contraste qui joue mais le bruit des voitures me semblent infernal. Le silence de la nature d’il y a quelques minutes laissent place au bruit des moteurs…Linz apparait c’est une ville importante et évidemment le camping se trouve à un peu plus de 5 km de la sortie. C’est d’ailleurs un camping plutôt sale, sanitaires dégueulasses, poubelles débordantes…L’Autriche me laisse sur un sentiment un peu bizarre, d’un côté une nature préservée et de l’autre une forme de laisser aller…le vélo est très largement pratiqué mais en ville les voitures vont très vite…je vais le constater le soir puisque je reviens visiter cette ville qui possède un beau centre mais qui n’est pas piétonnier c’est un peu le bazar … on ne sait pas si on doit rouler à vélo ou marcher à pied très curieux…
Linz – Melk ; 6 août

Évidemment cette nuit il pleut !  Ce matin temps très frais, à peu près sec mais je vais garder une petite polaire et un coupe vent durant presque toute la journée par moment j’ai même un peu froid aux doigts. Les 10 premiers km se font dans une sorte de zone industrielle, c’est un peu comme à Donges, 
rien de vraiment poétique…ensuite durant une trentaine de km la route se fait plutôt à travers des champs de maïs et puis à partir de Grein, 
le Danube traverse à nouveau une belle vallée très encaissée, dominée par moment par des châteaux ou des églises.   Les villages de la rive opposée laissent deviner de belles couleurs sur les façades des maisons. 

Il y a sur cette partie de parcours beaucoup de cyclistes, en fait je pense que ce sont des circuits qui sont organisés évidemment ce sont sur les plus belles parties le long du fleuve qui a ici un très fort courant. Le midi en déjeunant j’observe les péniches qui remonte très péniblement le Danube
  tellement le courant est intense.


En début d’après midi un fort vent d’Ouest s’est levé et il me pousse sans problème à près de 30 km/h ! Avec une voile j’avancerais sans pédaler ! J’atteins rapidement le camping de Melk,
 

petite ville sur les bords du fleuve qui est dominée par une très belle abbaye bénédictine. 
Cette ville est aussi au centre d’un territoire qui cultive de la vigne ; les circuits ventant les différents crus locaux sont nombreux ! Avis aux amateurs on parle ici du vin « romantique » 
Vienne n’est pas loin ; les musiques des grands compositeurs classiques y sont sans doute pour beaucoup ….

Ce qui me frappe dans cette petite ville touristique c’est le peu d’animation dans les rues tout semble mort…je ne sais pas où sont les gens. L’Autriche que je connais très peu me laisse un sentiment curieux…un peu de malaise. Les contacts avec les gens sont très peu chaleureux, bien sûr la langue y est pour beaucoup mais j’ai voyagé dans beaucoup de pays dont je ne connaissais pas la langue mais je n’éprouvais pas ce sentiment de fermeture. Il n’y a pas d’empathie envers les habitants.
Melk ; 7 août 
Repos forcé ; il a plu toute la nuit sans discontinuer. Le matin il pleut toujours, je sentais bien que le tapis de sol était « un peu humide » en fait en sortant de la tente, je m’aperçois que le sol est gorgé d’eau, je suis littéralement dans une piscine…l’eau a commencé à envahir mes sacoches que j’avais imprudemment laissées entrouvertes. Sous la pluie battante, je commence à toute vitesse à essayer de mettre le maximum des  affaires à l’abri. En plus les limaces ont commencé à également tout envahir. Si ce n’est pas bien méchant, ce n’est pas très agréable, elles se collent partout ! Vite fait je mets mon bazar sur le vélo et je me réfugie sous le toit du restaurant qui est à 50 m. Là je commande un bon breakfast ; puis voyant que le temps ne s’améliore pas je décide de prendre une chambre dans ce restaurant qui fait aussi hôtel. J’envahis la chambre et met mes affaires à sécher. Apparemment la météo prévoit une amélioration dans la journée …mais d’amélioration je n’en vois guère ! Demain j’aviserai, Vienne est à 120 km je prendrai peut être le train pour y aller. Car dans moins d’une semaine je dois être à Budapest qui est encore à pratiquement 500 km. Au restaurant je rencontre deux couples de Rennes qui font le trajet de Passau à Vienne. Eux aussi envisagent de rester si le temps ne s’améliore pas. Ils se disent un peu déçus par l’itinéraire et partagent aussi mes sentiments vis-à-vis des contacts avec les habitants. Contacts vraiment difficiles. L’Autriche pour le moment n’est pas un pays où j’aurais envie de revenir…même les cyclistes autrichiens ne sont pas très avenants, rarement ils répondent au petit salut qu’on se fait habituellement entre nous. Curieux…La pluie n’arrange rien…c’est la troisième fois que je traverse ce pays et j’ai quasiment toujours eu de la pluie. Pourtant j’aurais bien envie de venir vers quelques sommets autrichiens. Il y a de magnifiques montagnes que je n’ai encore jamais parcourues et dont des copains montagnards m’ont dit le plus grand bien avec en prime des refuges où on peut prendre des douches, chose impensable en France où l’esprit CAF/boy scout prédomine…
Durant cette journée où la pluie ne cesse de tomber, je prends tout de même mon vélo pour franchir le pont qui traverse le Danube pour aller voir les horaires des trains puisque la voie ferrée est de l’autre côté. En fait demain il y a deux trains qui vont à Krems (à 40 km d’ici) et leurs horaires ne me vont pas du tout soit 7H00, soit 19H00. En plus à Krems je ne sais pas s’il y a des trains directs sur Vienne. Je pense que demain j’irai vers Vienne et m’arrêterai un peu avant, lundi je passerai à Vienne mais je n’y séjournerai pas. J’essaierai de voir pour un camping après en direction de Bratislava. Peut être qu’un jour je reviendrai pour quelques jours à Vienne on verra…pour le moment je ne ressens aucune sympathie pour ce pays. Je trouve les gens très fermés, les villages et les villes sans vraiment d’âme. Chacun chez soi…J’ai plutôt hâte d’en sortir et d’aller voir chez les slovaques et les magyars si l’atmosphère est moins pesante.

Melk – Klosterneuburg (entrée de Vienne) ; 8 août

Enfin du beau temps ! Ce matin le ciel est d’un bleu pâle ; mais il est bleu ! Après un solide petit déjeuner autrichien c'est-à-dire café, charcuterie, fromage, beurre, confiture…je pars de Melk, le vent souffle assez fort d’Ouest en Est on doit être en queue de dépression et j’avance vite sans fatigue. 
Le Danube a énormément grossi, les arbres qui le bordent ont leurs troncs qui baignent dans l’eau, le courant est très fort, il faut dire qu’avec la pluie qui est tombée durant quasiment 24 heures la crue menace, 
je le constaterai plus tard en fin de parcours… En attendant la vallée est resserrée, on aperçoit des anciennes forteresses  et des châteaux sur les hauteurs qui dominent le fleuve. 
Au bout d’une cinquantaine de km je rejoins les rennais qui avaient passé la nuit dans une pension après Melk, on va faire un bout de chemin ensemble, on doit se retrouver ce soir au camping… et puis quelques km avant l’arrivée, la voie est inondée, il faut soit faire un grand détour, soit passer en prenant le risque de bien « mouiller » les sacoches. En principe les miennes sont étanches et je les avais déjà testées. J’enlève mes chaussures et en poussant le vélo je m’engage. 
L’eau monte jusqu’à mi cuisses cela dure une bonne centaine de mètres. C’est un peu amusant. Évidemment il faudra bien huiler ensuite la chaîne et les différentes pièces du vélo car l’eau monte largement au-dessus du pédalier et du dérailleur. Mes sacoches à l’avant flottent car j’ai enlevé les attaches du bas pour alléger la roue avant. À l’arrivée pas de souci tout est sec…je ne regrette pas d’avoir acheté du bon matos...
Me voici arrivé aux portes de Vienne…c’est quasiment la moitié du parcours. Mon compteur affiche 1996 km depuis le départ. Je reste déçu par ce parcours autrichien…je m’attendais à beaucoup mieux, j’espère bien que la suite du voyage sera différent et plus chaleureux avec les gens que nous rencontrerons.



mercredi 4 août 2010

Des rives de l'Atlantique à Passau ; petit résumé

Voilà maintenant juste un mois que j’ai démarré ce voyage sur le pont de St Nazaire. Un peu plus de 1.800 Km plus loin je me trouve à Passau sur la frontière de l’Allemagne avec l’Autriche. 
Tout au long de ces trois fleuves, c’est toute une mosaïque de paysages qui se sont dévoilés au rythme lent de la bicyclette.

L’avantage de cet engin, comme pour la marche à pied c’est de vraiment sentir la nature. Sentir doucement les changements architecturaux des maisons, des monuments comme les églises, les cathédrales,
des édifices publics, chaque territoire a son style particulier. En voiture on va vite, on ne pénètre pas dans les villages, souvent c’est d’une aire d’autoroute qu’on aperçoit les clochers des villages. À vélo, point de cela, on circule tranquillement dans les villes, les villages. On entre dans les petits bistrots prendre un café ou pour se désaltérer avec une bonne bière allemande.

Le vélo facilite aussi les contacts, bien sûr avec les autres cyclorandonneurs, mais aussi avec des gens qui s’arrêtent lorsqu’ils s’aperçoivent que nous cherchons la bonne direction. Bien sûr le vélo a aussi ses exigences, c’est un « peu physique », il faut y être préparé, il faut pouvoir s’adapter aux changements climatiques, grosses chaleurs, pluie, humidité etc…mais c’est le lot de toutes les activités de pleine nature. Si on n’aime pas cela, on reste chez soi ou on prend sa bagnole !
Ceci étant dit, l’itinéraire vélo depuis le départ est un itinéraire facile, quasiment à 95 % en voie dédiée vélo ou sur de toutes petites routes. 
Hormis les traversées des villes françaises qui posent souvent problème à cause du déficit d’une part d’un réseau cyclable digne de ce nom et d’autre part d’une absence de signalétique, (les deux facteurs d’ailleurs étant liés), il n’y a aucune difficulté. Bien sûr de temps à autre il y a quelques sérieuses « bosses » à monter mais ce ne sont pas le Galibier ou le Tourmalet. Ce qui est plaisant également tout au long de ce parcours, c’est de voir le nombre relativement important de jeunes parents qui voyagent à vélo avec leurs enfants. On le voit en France et plutôt avec des étrangers, hollandais notamment. Et bien sûr en Allemagne ce phénomène s’accentue. Ici on a vraiment la culture vélo, pas celle du Tour de France, avec les coureurs français du dimanche déguisés en Armstrong ou Hinault qui reprennent leur bagnole le lundi matin pour aller au boulot ou acheter leur baguette de pain, mais dans une pratique quotidienne à la fois utilitaire et de loisirs.
Le long du Danube, c’est aussi de constater l’évolution de ce grand cours d’eau, toute petite rivière à Tuttlingen, se frayant son chemin entre une vallée encaissée et dominée par des anciens châteaux,
qui marquaient les territoires des seigneuries du Moyen Age, le Danube progressivement s’étale dans la plaine. Les cultures évoluent, grands espaces de culture à céréales, à maïs. 
Les exploitations agricoles deviennent importantes avec son corollaire environnemental car les nombreuses exploitations porcines doivent aussi provoquer des pollutions au nitrate comme en Bretagne. Mais différence « kolossal » la plupart des hangars agricoles sont couverts de panneaux solaires. 
Les allemands comme la plupart des pays nordiques ont compris que les énergies renouvelables étaient à la clé d’une part de la préservation de l’environnement mais aussi à la clé de la croissance économique en se mettant en partie indépendants des énergies fossiles et des pays producteurs. Le choix évidemment d’arrêter les programmes électro nucléaires y sont évidemment pour beaucoup. Une majorité de maisons est également équipée de panneaux photovoltaïques. On peut penser également que les nouvelles constructions sont conçues avec des matériaux isolants. Évidemment ceci n’est pas sans contradiction, on voit beaucoup de grosses berlines ou de superbes coupés Mercedes ou Porsche, bouffeurs de pétroles…les mêmes propriétaires ayant sans doute le toit de leur maison couverts de panneaux solaires….on a tous nos contradictions et quand je prends l’avion pour aller au bout du monde mon « bilan carbone » ne doit pas être au top !
Quoiqu’il en soit ce voyage est vraiment super, c’est un peu dommage que Dominig n’est pas pu suivre mais il valait mieux prendre cette décision. Demain je pars vers Linz et je pense atteindre après demain Vienne, la ville impériale. Ensuite ce sera la direction de Budapest, là les choses seront sans doute moins confortables au niveau des voies vélos….je pense que la Hongrie et ensuite les autres pays plus à l’Est seront plus compliqués à parcourir mais on sera deux et trois à Belgrade pour mieux gérer cette situation. Question forme tout va bien. Je me surprends à faire sans fatigue aux alentours de 100 bornes par jour avec un vélo chargé. Il est vrai sur un terrain plutôt plat. C’est plutôt l’humidité dans les campings 
qui me provoquent quelques maux de dos du genre lumbago une pommade chauffante me fait du bien….évidemment à plus de soixante balais on a plus la souplesse de ses 20 ans !!

mardi 3 août 2010

Des sources du Danube à Passau

Hausen – Munderkingen ; 29 Juillet

La pluie est tombée pratiquement en continue cette nuit…l’intérieur de la tente est sec mais l’ensemble est bien humide. Ce matin le temps est à peu près correct au moins il ne pleut pas…la tente est pliée mais elle est toute trempée. Nous prenons la direction de Sigmaringen par une belle voie qui suit le Danube.

La vallée est toujours très encaissée et nous passons alternativement rive nord, rive sud.

Nous avons rencontré hier deux jeunes français qui avaient pour projet d’aller à Istanbul …mais déjà il y en a un qui en a marre et qui envisage d’arrêter à Ulm …. C’est vrai que se lancer comme cela dans un long trip en vélo c’est un peu gonflé !! le voyage à vélo suppose une approche particulière, il faut s’y préparer et voyager dans les conditions actuelles d’humidité c’est pas forcément très jouissif !! D’autant qu’on peut aussi avoir mal au c… !!!! C’est la hantise des cyclorandonneurs …pour nous de ce côté-là tout va pour le mieux ….mais il faut être vigilant c’est comme les ampoules au pied pour la rando pédestre…les irritations aux fesses ça peut pourrir un voyage en vélo il faut en prendre soin, comme celles des bébés !!!!!! Pour en revenir à ces jeunes ils sont partis un peu avant nous et nous en doublons un qui a crevé, on s’arrête pour lui proposer de l’aide mais apparemment il se débrouille pour réparer, par contre son copain est parti loin devant sans trop se préoccuper de lui, on le retrouvera une vingtaine de km plus tard …curieux de voyager comme cela …
En attendant nous nous approchons de Sigmaringen.

Cette ville nous rappelle de mauvais souvenir à nous français puisque c’est ici que le gouvernement de Vichy ou tout du moins ce qu’il en restait s’est réfugié avec Pétain à la fin de la guerre. En quelque sorte on pourrait dire que la période de collaboration s’est terminée ici. Période sombre de l’histoire française… Cette petite ville est très jolie dominée par un château qui surplombe le Danube…Pourquoi Pétain avait-il atterri là je ne sais pas …je ne suis pas suffisamment féru en histoire pour avoir quelques explications. Si des historiens lisent ce blog peut être pourront-ils m’apporter des réponses… (Loïc à toi de jouer …)

Nous poursuivons notre route et le paysage change, la vallée s’élargit pour devenir une plaine, le Danube est plus large mais le paysage est moins joli tout devient plat nous roulons assez vite car un fort vent d’Ouest nous aide bien à avancer. Le temps se maintient au sec mais après le déjeuner il redevient menaçant. On en enchaîne quelques sérieux raidillons on a beau être revenu en plaine le terrain est un peu changeant à un moment on monte une pente qui ne doit pas être loin de 20 % là il faut arracher le guidon pour ne pas descendre de vélo. J’ai les cuisses en feu au sommet. Et puis à une dizaine de km de l’arrivée l’orage nous tombe dessus.
Heureusement on arrive à se mettre un peu à l’abri mais cela tombe sérieux et il fait plutôt frais….

Après le grain on arrive à Munderkingen où nous pensons trouver un camping, la carte nous l’indique mais de camping il n’y en a pas et nous décidons de prendre une chambre à l’hôtel au moins ce soir on est au sec….





Munderkingen – Gunzburg ; 30 juillet
Départ ce matin de Munderkingen, on aperçoit des nids de cigognes sur le toit d’un bâtiment public. 
Le temps est plutôt frisquet, il ne pleut pas c’est déjà ça ! Le paysage est un peu moins joli, on est vraiment dans la plaine….on atteint Ulm vers midi. Ulm est une ville moyenne, ville natale d’Einstein, Ulm occupe une place importante sur le plan de la recherche universitaire. C’était un port de pécheurs qui au Moyen Âge et à la Renaissance faisait le commerce en expédiant vers Vienne les poissons du Danube. Cette activité importante a fait la richesse de cette ville. Par la suite Napoléon va annexer cette ville dans une région ?? et créer une autre ville Neu Ulm. Nous pique niquons sur la place de la cathédrale. 
Très beau monument de style gothique dont l’intérieur recèle de très beaux éléments, notamment un préchoir de toute beauté. De même des vitraux aux couleurs très vives. 
La nef centrale est très large mais également les nefs sur les côtés. Par contre la place de la cathédrale n’est pas très belle, de plus des bâtiments contemporains ont été construits sans tenir compte de l’environnement, un peu dommage. À noter également un centre piétonnier très vaste. Il est très agréable de circuler à vélo dans le centre puisqu’aucune voiture ne s’y trouve. Le maire de Nantes qui parait-il était prof d’allemand ferait bien de s’inspirer de ce qui se fait ici en matière d’aménagements urbains …  

On reprend la route en début d’après midi. À noter également que la traversée de cette grande ville se fait sans souci. Une belle voie cyclable et piétonnière suit le Danube qui maintenant a pris une belle largeur. Dans les vingt derniers km de cette étape la voie s’enfonce dans une belle forêt et c’est à la sortie de cette forêt que nous arrivons à Gunzburg. Normalement se trouve ici un camping. Nous avons un peu de mal à le trouver. Il s’agit d’une aire dite naturelle mais qui est relativement bien aménagée avec toilettes et douches dans le restaurant attenant à ce terrain.
Nous avons également la grande surprise de voir arriver des amis de Place au Vélo qui font le trajet Donaueschingen Passau. Je savais qu’il faisait un périple par ici, puisque Marité qui fait partie de groupe m’en avait parlé…le hasard fait bien les choses…

Gunzburg - Neuburg ; 31 juillet

Ce matin, Dominig me propose d’arrêter le voyage avec moi car il a peur de ne pas arriver à Vienne, pour lui les étapes sont un peu trop longues et je vais à un rythme, un peu élevé. C’est vrai que je vais un peu vite car je dois être à Budapest le 13 août, puisque Claude arrive là bas le lendemain. Je suis contraint par cette date nous décidons alors de nous séparer…
Du coup j’enchaîne une étape de près de 120 km qui m’amène à Neuburg. Le Danube s’étale dans une vaste plaine, c’est parfois monotone…puis par moment on se retrouve d’un seul coup devant une belle bosse parfois vraiment dure à négocier. Le temps qui ce matin était très brumeux, 
se met au beau, des beaux cumulus se forment dans le ciel et le vent est plutôt favorable. 
On est samedi et dans les villages qui semblent déserts, on voit des fêtes qui s’organisent. Les hommes sont souvent en costume bavarois. Les villages sont dominés par les mâts typiquement bavarois. 

Après une super grimpette où je rejoins un jeune couple espagnol rencontré la veille, je me laisse descendre vers Neuburg, jolie ville, dont le château domine le Danube. Le soir les éclairages le met superbement en valeur. 
Au camping, je dine avec un allemand dans mes âges, qui voyage en vélo depuis Bonn. Lui aussi aimerait bien aller vers la Mer Noire, mais il n’a pas actuellement suffisamment de disponibilités pour y aller et de plus il me dit qu’il ne veut pas y aller seul à cause de l’insécurité routière. C’est vrai que plusieurs fois j’ai eu des témoignages de cyclistes disant que la route est surchargée par les camions, notamment du côté roumain. Il faudra voir à aviser sur place pour faire le choix des itinéraires….


Neuburg – Kelheim ; 1er août

Hier soir je me sentais un peu fatigué, c’est vrai que l’absence de Dominig m’a amené à aller un peu plus vite et sur une distance un peu longue. Les muscles des jambes dans les premiers km sont un peu raides mais progressivement j’enroule un peu mieux et je reprends mon petit rythme de croisière. Il commence à faire très chaud, sans commune mesure avec la canicule du début juillet… 
Je rejoins la ville d’Ingolstadt vers 10 heures on est dimanche la ville est très calme mais tous les commerces alimentaires sont fermées. J’avais prévu un peu le coup sachant qu’en Allemagne beaucoup de magasins ferment à partir du samedi midi. J’ai donc un peu de réserves alimentaires pour passer la journée. 
Ce n’est pas forcément simple d’ailleurs d’avoir des réserves car évidement la nourriture se conserve mal avec la chaleur. Je n’ai pas encore installé de frigo sur le vélo !! Le paysage n’est pas trop varié et toujours de temps en temps on se retrouve à grimper de belles petites bosses vers la fin j’enchaîne une côte qui doit bien faire deux à trois km. Mais c’est pour se laisser glisser vers la petite ville de Weltenburg où se niche une abbaye. 
À cet endroit le Danube s’engouffre dans des gorges et c’est en bateau de touristes que je vais finir l’étape à Kelheim. Une dizaine de km en bateau entre ces gorges c’est très sympa…et reposant. 
J’arrive donc frais comme un gardon à Kelheim où je dois faire un peu plus de 5 km pour trouver un camping dans une ferme au bord du Danube, quand on dit au bord en fait il faut se payer une belle bosse d’environ 300 m à 15 % pour y accéder…un peu dur après une centaine de bornes. Par contre si les commerces sont fermés le dimanche, les agriculteurs eux sont en pleine moissons et les engins déplacent des nuages de poussière. Autre observation depuis que je suis arrivé en Allemagne, je suis très surpris par l’importance de l’énergie solaire. Les toits de nombreux hangars agricoles sont couverts de panneaux de même que les maisons. 
Quasiment tous les bâtiments en construction sont dotés de panneaux solaires. L’arrêt, il y a une dizaine d’années des programmes électro nucléaire est sans doute pour beaucoup dans ces choix d’énergie alternative.

Kelheim – Straubing ; 2 août

Il a plu une bonne partie de la nuit et puis vers 6H00 la pluie s’arrête et avec le jour qui se lève le soleil commence à se montrer …la journée que j’aurais pensé maussade est finalement assez agréable. Il fait moins chaud et cela n’est pas plus mal. En fin de matinée j’arrive à Regensburg, une très belle ville au bord du Danube.
C’est une ville dont l’histoire remonte à plus de 2.000 ans…Je passe pas mal de temps à circuler tranquillement dans le centre historique. Ce qui est très agréable ici en Allemagne c’est de pouvoir circuler en toute tranquillité en vélo dans les centres des villes. Soient les voies vélos sont en site propre ou soient les centres sont piétonniers et à vélo cela ne pose aucun problème si on roule cool parmi les gens. Le vélo est totalement intégré comme moyen de transport. On voit notamment beaucoup de parents qui emmènent leurs enfants dans des petites carrioles …tout est fait dans les villes pour que les cyclistes soient en sécurité et les automobilistes ont un très grand respect des cyclistes. Jamais depuis mon entrée en Suisse puis en Allemagne, je n’ai ressenti un sentiment d’insécurité en vélo. Quand je pense qu’à Nantes quasiment à chaque fois que j’utilise mon vélo, et c’est presque en permanence, il n’y a pas une fois où une voiture commet une infraction … on est ici sur une autre planète…
Regensburg se laisse donc visiter tranquillement en vélo… la cathédrale est très belle, elle domine un vieux pont en pierres qui traverse un bras du Danube. 
Je ne connaissais pas très bien l’Allemagne, et je m’aperçois que ce pays notamment en Bavière recèle de véritables petits bijoux architecturaux. Toutes ces villes sont porteuses de l’histoire de l’Europe. Des romains, de nombreuses villes possèdent des sites archéologiques, ainsi que des sites celtiques, à Napoléon l’histoire européenne  a tracé son sillon en suivant les grands fleuves. 
C’est tout l’intérêt de ce voyage le long du Danube, se rappeler les pages d’histoire qu’à l’école j’avais parcourues, parfois d’ailleurs sans grand intérêt, je l’avoue !

Après Regensburg je reprends mon petit bonhomme de chemin. Les km s’égrènent sans trop de fatigue aujourd’hui quasiment aucune bosse à gravir, c’est plutôt cool. Le Danube maintenant est en partie canalisé ; des péniches importantes le parcourent et les écluses qui de temps à autre bornent son parcours sont énormes. Rien à voir avec nos petites écluses du canal du Rhône au Rhin près de Dôle que je côtoyais il y a quelques jours !
Petit à petit le terme de l’étape arrive, j’ai décidé de m’arrêter à Straubing, petite ville charmante. 
Plus que le patron du camping, aimable comme une porte de prison…Ce soir je me fais un petit restau typiquement bavarois. Compte tenu de mes connaissances en allemand qui sont en dessous de zéro, je tente des expériences culinaires qui ne sont pas si désagréables que ça ! Je me rends compte qu’étant habitué à voyager en Asie, les choses là bas sont un peu plus simples car souvent les menus mêmes dans les petits bouis bouis sont traduits en anglais ici c’est en allemand comme en France c’est en français alors on a parfois des surprises…
Straubing – Passau ; 3 août

Il a encore énormément plu durant la nuit…c’est devenu une habitude ! de même que la pluie qui cesse vers 6 heures du matin. 
Le temps restera menaçant une bonne partie de la journée. 
La dépression qui est actuellement installée a au moins pour avantage de s’accompagner d’un bon vent d’Ouest qui me « propulse » littéralement vers l’avant, le compteur est en permanence au-dessus de 25 km/h …la voie est souvent dans un stabilisé qui renvoie beaucoup de boue, j’ai beau nettoyer le vélo le soir, rapidement il redevient plutôt sale. C’est plutôt au niveau de la chaîne et des pignons qu’il faut faire attention. Je remets souvent de l’huile et à Passau je vais acheter une brosse pour dégager la poussière des pignons qui ont tendance à s’encrasser. Je fais un stop dans une petite bourgade qui possède une belle église de style rococo attenante à une abbaye.
Le Danube est de plus en plus large. Mais la vallée est plus encaissée on sent l’approche des contreforts montagneux. 
J’arrive finalement à Passau assez vite puisque les 100 km de l’étape sont bouclés en 5 heures.
L’entrée par le port industriel de Passau n'est pas géniale…mais au moins par une belle voie cyclable bien fléchée on atteint facilement le centre de la ville. 
Je trouve un petit camping, apparemment le seul de Passau, juste avant qu’un gros orage n’éclate. Heureusement je suis à l’abri, sinon c’était la grosse douche assurée…. Je reste à Passau pour une journée de « repos ».