Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

vendredi 13 août 2010

Budapest

Budapest 13 août

Je viens d’arriver à Budapest par le train depuis Györ. J’ai bien fait car l’entrée dans Budapest n’est pas très simple et surtout je ne voulais pas être à chercher le camping. Budapest pour moi ce sont deux souvenirs l’un anecdotique, interrogé au lycée par un prof d’hist. Géo qui ne m’a pas laissé de souvenir impérissable par ses compétences…, sur les États de l’Europe centrale, je lui précisai que Budapest se divisait en deux villes : Buda et Pest ; croyant obtenir un bonus supplémentaire je croyais bon d’ajouter que Bucarest se divisait également en deux villes : Buca et Rest, mon bonus disparut sur cette erreur ! L’autre souvenir est plus dramatique, en 1956 j’avais à peine 7 ans et je me souviens de la phrase d’un reporter sans doute sur Paris Inter (ancêtre de France Inter) qui disait : « Les chars ont tiré sur la foule… » Pourquoi cette phrase est-elle restée gravée dans ma mémoire je ne saurais le dire…si ce n’est que Budapest était le premier État à se révolter contre la puissance soviétique. Cette révolte, comme on le sait sera noyée dans le sang, comme celle du printemps de Prague, de Gdansk... Il faudra attendre les évènements de Pologne et puis justement ici en Hongrie les premières failles du rideau de fer pour que le bloc de l’Est s’effondre sans vraiment que personne ne l’ait prévu.
Me voici donc à Budapest, il m’a fallu une heure pour me rendre de la gare à un petit camping que j’avais connu grâce à des forums de voyageurs. 
Une heure pour faire environ 5 km car ce n’est pas facile de trouver son chemin dans une grande ville où parfois les noms de rue n’apparaissent pas. Je remercie les hongrois qui toujours de façon très sympathique m’ont indiqué la bonne direction. L’un m’a même accompagné sur une partie du chemin. Je dois dire que Budapest a des voies cyclables mais comme à Nantes sans forcément de continuité et sans signalétique. Ceci dit pour traverser le Danube une très belle voie vélo longe le pont autoroutier. Aucun pont à Nantes n’est franchi par une voie vélo en site propre …cherchez l’erreur. Je suis donc bien arrivé à mon minuscule camping, situé à environ 5 km du centre historique de Budapest. Comme à Györ ce camping est dans un jardin évidemment c’est un peu serré mais quoi demander de plus dans une grande ville…
Se balader à vélo à Budapest est un petit peu acrobatique…car les automobilistes sont un peu nerveux…il paraît que le grand prix de F1 est au mois d’août…ceci dit à Nantes on est à bonne école…et finalement en sautant d’un trottoir à un autre et en traversant sur les passages piétons on s’en tire bien…il y a d’ailleurs pas mal de gens à vélo ici…j’ai même vu un coursier à vélo …également une 2 CV et une Trabant !

Cela faisait longtemps que je voulais visiter Budapest. Je n’aurais pas pensé y arriver à vélo mais vraiment Budapest est une très belle ville, on devrait d’ailleurs dire deux villes. Son centre historique est de toute beauté, bien sûr le parlement, 

mais aussi toutes les petites rues qui s’entrelacent et où on peut se perdre sans problème le Danube, Duna, en hongrois, sert de fil conducteur. L’atmosphère rappelle celle des villes italiennes, c’est vrai qu’il fait chaud, même très chaud, orageux, mais les gens le sont aussi !! Et les filles sont très « hot » ce n’est pas vraiment désagréable… plusieurs clochers, églises marquent le paysage de Budapest, souvent recouvertes de tuiles multicolores. 

Aujourd’hui avec un temps lourd et orageux les couleurs ressortent difficilement, cela manque de contraste, c’est un peu dommage. On sent une ville qui bouillonne. Une population assez cosmopolite, sans doute aussi beaucoup d’étudiants étrangers. Sorti du centre historique, on ressent par contre les difficultés … la voirie est souvent dégradée, les immeubles délabrés, et puis des sacs plastiques à traîner partout…


14 et 15 août ; Budapest

Comme prévu Claude arrive à Budapest. Je vais l’attendre à l’aéroport. Je prends un train qui m’emmène au terminal 1 de l’aéroport mais Claude arrive au terminal 2 que je rejoins à vélo, le train ne va pas là bas et les navettes ne prennent pas les vélos. Les deux terminaux sont très éloignés environ une dizaine de km ça je ne l’avais pas prévu. Une voie cyclable m’emmène à environ 2 km du T2 mais là c’est l’autoroute. Je devine une espèce de chemin qui long les grillages de l’aéroport et c’est au feeling que je m’engage sur un sentier et qui débouche sur une route qui elle-même arrive vers les parkings …je ne suis pas mécontent de mon flair ! car il n’y avait aucune indication et les abords des aéroports ne sont jamais évidents à aborder à vélo. Claude débarque vers 13 H 00 avec son énorme carton contenant son vélo. Nous trouvons un coin dans l’aéroport pour remonter les pièces qui ont été enlevées : selle, guidon, pédales etc…le temps de tout remonter cela nous prend pas loin de 1 heure et demie. Départ alors vers le train qui nous ramène à Budapest et ensuite traversée de la ville pour rejoindre le camping….

Le soir nous faisons une belle balade nocturne à travers le centre et le long du Danube. 
Le 15 août balade à vélo pour faire le tour de la ville. Ce qui est bien à vélo c’est que l’on visite une ville en toute facilité, sans souci de transport en commun ou de stationnement. C’est beaucoup moins fatiguant qu’en marche à pied…Budapest se laisse visiter facilement, la circulation à vélo n’est pas trop difficile les automobilistes même s’ils ont une conduite nerveuse nous laissent facilement passer ; à vélo on ne se sent pas un intrus ! De même la cohabitation piéton/vélo est facile.
Dès le matin, par une raide côte d’environ 2 à 3 km nous montons à la citadelle d’où nous avons une très belle vue sur la ville et le Danube (Duna).  
Malheureusement le temps très orageux et couvert ne permet pas de faire de très belles photos. 
Au sommet de cette citadelle se trouve la statue dite de la Liberté, 
statue monumentale, érigée en 1941, à l’initiative des  dirigeants hongrois pronazis et récupérée ensuite par le russes en 1945…(tout un symbole quant on connait les similitudes des régimes nazis et staliniens (il faut lire le livre de François FURET : « Le passé d’une illusion » pour comprendre les mécanismes mis en œuvre dans ces deux régimes totalitaires et monstrueux)
Puis nous partons vers le château de Buda où se situe le musée national hongrois. 
Très beaux monuments du 18 et 19ème siècle. 
Toujours dans Buda nous nous dirigerons ensuite vers le site où se trouve l’église de Mathias. 
Descente vers le Danube et direction l’île de Margrit, vaste île au nord de la ville, constituant un « poumon vert » de Budapest. Nous aurons la surprise de nous trouver devant la piscine où se déroulent les championnats d’Europe de natation. Il parait que nos « petits » français ont fait des merveilles !
Traversant cette île nous reprenons « pied » sur Pest pour nous diriger vers la place des Héros, vaste place où sont érigées là aussi des statues monumentales représentants les « héros » de la nation magyar. À côté se situe le parc «Varosliget » ou Bois de Ville, joli parc où a été construit un beau château. 
Nous terminerons notre journée par une « virée » nocturne le long du Danube jusqu’au parlement.

Dans ma hiérarchie toute personnelle des capitales européennes, je situe  Budapest comme 5ème ville la plus belle après Paris, Prague, Rome, Londres (classement très subjectif qui n’a pas forcément grand sens…)


jeudi 12 août 2010

De Bratislava à Budapest

Bratislava ; 10 août

Comme prévu, ce matin je pars visiter Bratislava qui est à une vingtaine de km d’ici. 

Bratislava est une ville très animée, vivante. La vieille ville recèle de très beaux monuments et édifices. On ressent ici une autre atmosphère. Rien à voir avec l’Autriche. On a basculé ici vers les pays slaves. Mais aussi vers la partie orientale de l’Europe. De la rigidité autrichienne, on passe à une ambiance beaucoup plus détendue, les femmes ici sont bien plus jolies à regarder !! Il y a comme un parfum de libération. C’est vrai aussi qu’il y a à peine 20 ans la Slovaquie qui était rattachée à la Tchékie faisait partie du bloc de l’Est. On voit quelques vestiges lors du passage de ce qui était la douane. 

On voit bien qu’à ce passage, il devait exister une sorte de no man’s land marquant ce qu’on appelait alors le rideau de fer. Aujourd’hui à Bratislava, les prix sont affichés en euros, on paye en euros et cela me créé même un doute car il me semble bien que la Slovaquie n’est pas dans la zone euro….(effectivement elle ne l’est pas) par contre le niveau de vie est certainement beaucoup moins élevé ici à voir les prix affichés dans les restaus ou les cafés.
Lorsque l’on monte au château Burg Hard

dans le quartier de Straé Mesto on a un très beau panorama sur la plaine du Danube. On sent au nombre de chantiers en construction qu’il y a un très fort dynamisme économique. En vélo, c’est très sympa de se balader dans la vieille ville, 
il y a bien sûr des touristes mais cela reste raisonnable par rapport à Prague par exemple. Visiter une ville en vélo aussi c’est bien moins fatigant qu’à pied ! On n’hésite pas à aller plus loin, à s’égarer dans les rues. D’autant que la circulation des véhicules reste modeste dans le centre. Entre Vienne, la guindée et Bratislava, la libérée mon choix est vite fait ! 

Ici on se sent bien…une ville et Carole, qui connait bien l’histoire de son pays, la Hongrie, me rappelle dans un message que Bratislava fait partie ou faisait partie de l’empire hongrois…

Bratislava est au carrefour de l’histoire européenne, que ce soit effectivement au temps du 18 ou 19ème du grand empire austro hongrois, ou plus récemment lors de la division des blocs de l’Ouest et de l’Est. Ici entre Bratislava et Vienne, cette zone d’une soixantaine de km, était au centre de beaucoup d’échanges entre les grandes puissances occidentales et l’URSS. C’est de la frontière hongroise, toute proche, qu’en 1989 le bloc de l’Est a commencé à se fissurer et à s’effondrer comme un château de cartes. Si on ne va pas regretter la fin de ces démocraties dites « populaires » on ne peut que s’interroger sur la voie hyper libérale qui a pris la suite créant des déséquilibres énormes au sein des populations vivant dans ces pays. L’intégration dans l’UE a certes permis de mieux réguler les choses mais cette intégration à marche forcée s’est sans doute faite trop rapidement. Il aurait fallu comme cela avait été le cas pour l’Espagne et le Portugal dans les années 80 un véritable accompagnement permettant aux structures socio économiques et aux institutions politiques de s’adapter progressivement aux réalités du monde occidentales. Or dans les pays de l’ancien bloc de l’Est on a vu plutôt émerger des oligarchies et la prise du pouvoir par les mafias qui agissaient depuis longtemps dans les systèmes d’économies souterraines. Un autre problème qui refait surface depuis quelques années concerne la montée des nationalismes. L’extrême droite est de plus en plus présente ici…la Hongrie serait même malheureusement en pointe dans ce domaine. La guerre des Balkans a été un facteur révélateur de la montée des nationalismes avec en prime un conflit à dimension religieuse et ethnique que l’on pensait disparu en Europe…on aura certainement l’occasion dans la suite de ce voyage de revenir, notamment en Serbie, sur ces conflits si dramatiques qui ne sont sans doute pas encore réglés puisque des criminels de guerre sont toujours en fuite et protégés…

Hainburg – Györ ; 11 août

Ce matin je quitte définitivement l’Autriche, c’est vraiment sans regret… Je repasse par Bratislava sans entrer dans la ville et par une très belle voie vélo roulante qui longe le Danube, je me dirige vers Cunovo, la ville frontière entre la Slovaquie et la Hongrie. Ici le Danube s’étale sur une très grande largeur, il forme quasiment un grand lac marécageux.
Le soleil qui est bien revenu commence à taper très fort. J’entre en Hongrie par les vestiges de l’ancienne douane. 
Très curieusement, les choses changent. D’abord l’état des routes qui sont petites et plutôt dégradées ; mais ce sont des petites routes sans beaucoup de circulation, mais ce sont surtout des changements humains qui me frappent. Lors de la traversée de la première petite ville, Rajka, j’observe les maisons, ce sont de petites maisons, plutôt basses, de plain pied aux toits recouverts de tuile. 
J’observe aussi que les gens circulent à vélo, mais sur de vieux vélos comme dans les années 50 chez nous. Visiblement cette région rurale de la Hongrie doit être assez pauvre. Les gens se déplacent avec de vieux vélos, ils n’ont sans doute pas suffisamment de revenus pour acheter un véhicule motorisé….on aperçoit par contre beaucoup de vélos électriques, mais ce ne sont pas ceux que l’on voit en France mais plutôt des vélos type mobylettes comme on en voit beaucoup au Viet Nam ou en Chine. Je sais que la Pologne en fabrique beaucoup également. Ici il n’y a plus de voie vélo spécifique on roule sur des petites routes qui au départ sont bordées de jolis noyers. 
De temps en temps on voit des panneaux avec le sigle vélo qui indique que l’on est bien sur l’EV 6. Où cela est un peu plus difficile c’est dans la traversée des villages car il n’y a pas de panneaux indicateurs des directions, plusieurs fois je m’égare et je suis obligé de demander mon chemin. Évidemment avec la langue ce n’est pas toujours facile mais en lisant la carte les gens rencontrés m’orientent bien.
Je déjeune dans un petit village, Dunakiliti, au bord d’un petit étang qui sert de zone de loisirs et de petite plage. On sent bien qu’on est ici dans un pays bien plus pauvre que ceux que je viens de traverser. La « bascule » entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale s’est bien faite ici après l’Autriche. L’atmosphère est totalement différente. Il règne une autre ambiance, moins de voitures, moins de motos, un peu plus de silence, plus de tranquillité. Les gens que je rencontre au hasard de mes demandes de renseignements le font toujours très gentiment. Ils regardent bien ma carte et me donne toutes les indications mélangeant, tout du moins c’est mon impression, hongrois et allemand…ne parlant aucune de ces deux langues, cela ne m’avance pas beaucoup !!    Après ce village l’itinéraire va emprunter la digue qui longe le Danube, 
l’avancée sur cette digue est assez difficile car le revêtement est très caillouteux et j’ai parfois du mal à maîtriser la conduite du vélo, en plus le vent souffle de face et j’avance péniblement à 14 Km/h, autour de moi c’est le désert, chemin rectiligne, 
pas un bruit et le soleil qui frappe…au bout d’une dizaine de km sur cette digue j’aperçois des ouvriers agricoles qui travaillent au ramassage de légumes, puis j’atteins à la sortie de ce chemin le village de Püski. Je retrouve une route classique et une dizaine de km plus loin après Hédervár, on retrouve une voie vélo spécifique qui longe la route. 
C’est l’EV 6 elle est plutôt étroite et bosselée mais on est tranquille et les habitants circulent beaucoup en vélo sur cette voie. Je note d’ailleurs que ce ne sont plus de vieux vélos comme tout à l’heure. La proximité de Györ doit sans doute permettre une activité économique plus importante et donc des possibilités de revenus également plus important. Les 20 derniers km sont assez pénibles car le vent souffle toujours de face et aujourd’hui je fais une étape de près de 120 km. En arrivant à Györ j’ai beaucoup de mal à trouver le camping. Je l’ai bien sur ma carte mais je ne le vois pas. Les gens apparemment ne le connaissent pas. Je reviens sur mes pas et en fait ce camping est minuscule. Le propriétaire a une petite maison avec un terrain d’environ 1.500 m² sur lequel il loue des emplacements. Mais s’est un camping super sympa avec tout le confort. 
Ombragé, petites tables, parasol et même petite piscine au fond du jardin…cela me plait bien puisque je reste ici deux jours. Vendredi je gagnerai Budapest par le train, je veux éviter de rentrer là bas tout seul, d’autant qu’il faut je trouve le camping et ce n’est pas forcément gagné d’avance !!!

Donc ici à Györ, repos, dans cette ville très belle, dotée d’un centre ville rénové,

avec de larges zones piétonnières où les vélos ont aussi toute leur place…le soir c’est vraiment très agréable, il fait bon, une chaleur douce.

Par contre au camping, anti moustiques de rigueur, les petites bêtes sont plutôt virulentes !

mardi 10 août 2010

De Vienne à Bratislava

Vienne – Hainburg ; 9 août

C’est curieux mais il pleut encore ce matin, ce n’est pas très méchant mais cela suffit à mouiller la toile de tente… Je pars vers Vienne qui se trouve à une dizaine de km. Je n’ai pas l’intention de visiter la ville….aussi je suis directement la voie le long du Danube. C’est plutôt agréable, on rêverait d’avoir en France des voies vélos qui longent comme ici les fleuves ou les rivières…Quand on connait la galère à Nantes et les conneries que les urbanistes ont conçues pour longer la Loire à 
Nantes on a envie de les emmener ici pour qu’ils prennent des leçons ! J’ai largement apprécié cet aménagement pour monter au pont autoroutier qui franchit le Danube. 
Montée en spirale conçue pour les vélos et ensuite voie vélo en encorbellement en dessous du pont. 
On franchit ainsi le Danube en toute sécurité. Toujours est-il que je traverse Vienne en toute tranquillité et me retrouve sur la voie en direction de Bratislava. On traverse l’inévitable zone industrielle et pétrolifère puisque ce sont ici des réserves de pétrole qui ont été construites. Puis on arrive dans une nature un peu plus sauvage, plutôt marécageuse. Mais le Danube est en crue et la voie vélo est impraticable. Des déviations sont mises en place et je me retrouve à traverser une zone forestière qui m’éloigne du fleuve. Plus loin la forêt laisse place à des cultures de maïs et pommes de terre. Le relief est d’une platitude à faire rougir de honte un belge si fier de son « plat pays »…. !!! Aujourd’hui on ne va pas se fatiguer à gravir des bosses. 
À midi je déjeune dans un petit village où je rencontre un couple d’allemands qui voyagent avec leur petit fils d’une dizaine d’années. Le monsieur parle un peu le français. Il m’explique que depuis trois ans ils font des parties du Danube avec leur petit fils. Il y a deux ans ils avaient réalisé Donaueschingen – Regensburg ; l’an passé Regensburg – Vienne et cette année ils vont faire Vienne – Budapest. Je trouve cette pratique vraiment très sympa, les grands parents passant une semaine à vélo avec l’un de leurs petits enfants…peut être un jour si Maiwenn aime le vélo et si je suis toujours en forme …qui sait ?? 
Si le relief est plat, on sent un changement depuis Vienne. Changement dans la qualité de la voie vélo qui est un peu plus « bricolée » mais aussi changement dans les gens qu’on rencontre. Les parcours vraiment "touristiques" d’avant Vienne sont finis. Ici les cyclistes qui viennent sont  là pour autre chose. De nouveau, les gens se parlent, se saluent. On sent beaucoup plus de communication. Dès qu’on cherche son chemin, quelqu’un vient nous renseigner. C’est une atmosphère totalement différente des jours derniers. On sent qu’on entre dans une autre dimension comme si l’horizon était beaucoup moins bien défini que les semaines passées…
Ce soir je suis à une dizaine de km de Bratislava à Hainburg. Il n’y a pas de camping et j’ai pris une chambre dans une pension. Demain je garderai cette chambre et je profiterai de la journée pour aller visiter Bratislava. Ce sera plus facile car à Bratislava je n’ai pas d’adresse où séjourner et j'ai lu des commentaires peu flatteurs sur le camping qui est également très éloigné du centre ville...

dimanche 8 août 2010

De Passau à Vienne

Passau – Linz ; 5 août 

Il n’a pas plu cette nuit !! Extraordinaire…la journée s’annonce assez belle. Elle le sera et heureusement car les deux premiers tiers du parcours sont sublimes.
Sitôt sorti de Passau, le Danube va tracer son sillon à travers une vallée très encaissée. La voie vélo longe au ras des rives ce grand fleuve. On est entré en Autriche, 
je ne sais pas où exactement puisque maintenant les frontières terrestres dans l’UE n’existent plus ….c’est un peu dommage, les frontières suscitent toujours de l’angoisse quand on montre son passeport ou son visa !
Le paysage est superbe, la voie vélo aussi, il y a beaucoup de cyclistes sur cette partie du parcours et tout est fait pour les accueillir, nombreux petits cafés, restaurants, réparateurs etc…
Par deux fois je vais prendre le ferry
 car la
vallée est très étroite et longer le fleuve n’est pas possible. Les champs sont très verts…il pleut tellement souvent ! On sent un paysage préalpin. 

Et puis brusquement après le passage du deuxième ferry qui nous débarque dans la petite bourgade de Neuhaus, la vallée si joliment encaissée prend fin et laisse place à une morne plaine. Progressivement on approche de Linz, ce sont alors des industries qui apparaissent, la magie de ce beau fleuve laisse place à une autre réalité…en plus la voie vélo qui arrive à Linz est en parallèle avec les routes de sortie Linz, je ne sais si c’est le contraste qui joue mais le bruit des voitures me semblent infernal. Le silence de la nature d’il y a quelques minutes laissent place au bruit des moteurs…Linz apparait c’est une ville importante et évidemment le camping se trouve à un peu plus de 5 km de la sortie. C’est d’ailleurs un camping plutôt sale, sanitaires dégueulasses, poubelles débordantes…L’Autriche me laisse sur un sentiment un peu bizarre, d’un côté une nature préservée et de l’autre une forme de laisser aller…le vélo est très largement pratiqué mais en ville les voitures vont très vite…je vais le constater le soir puisque je reviens visiter cette ville qui possède un beau centre mais qui n’est pas piétonnier c’est un peu le bazar … on ne sait pas si on doit rouler à vélo ou marcher à pied très curieux…
Linz – Melk ; 6 août

Évidemment cette nuit il pleut !  Ce matin temps très frais, à peu près sec mais je vais garder une petite polaire et un coupe vent durant presque toute la journée par moment j’ai même un peu froid aux doigts. Les 10 premiers km se font dans une sorte de zone industrielle, c’est un peu comme à Donges, 
rien de vraiment poétique…ensuite durant une trentaine de km la route se fait plutôt à travers des champs de maïs et puis à partir de Grein, 
le Danube traverse à nouveau une belle vallée très encaissée, dominée par moment par des châteaux ou des églises.   Les villages de la rive opposée laissent deviner de belles couleurs sur les façades des maisons. 

Il y a sur cette partie de parcours beaucoup de cyclistes, en fait je pense que ce sont des circuits qui sont organisés évidemment ce sont sur les plus belles parties le long du fleuve qui a ici un très fort courant. Le midi en déjeunant j’observe les péniches qui remonte très péniblement le Danube
  tellement le courant est intense.


En début d’après midi un fort vent d’Ouest s’est levé et il me pousse sans problème à près de 30 km/h ! Avec une voile j’avancerais sans pédaler ! J’atteins rapidement le camping de Melk,
 

petite ville sur les bords du fleuve qui est dominée par une très belle abbaye bénédictine. 
Cette ville est aussi au centre d’un territoire qui cultive de la vigne ; les circuits ventant les différents crus locaux sont nombreux ! Avis aux amateurs on parle ici du vin « romantique » 
Vienne n’est pas loin ; les musiques des grands compositeurs classiques y sont sans doute pour beaucoup ….

Ce qui me frappe dans cette petite ville touristique c’est le peu d’animation dans les rues tout semble mort…je ne sais pas où sont les gens. L’Autriche que je connais très peu me laisse un sentiment curieux…un peu de malaise. Les contacts avec les gens sont très peu chaleureux, bien sûr la langue y est pour beaucoup mais j’ai voyagé dans beaucoup de pays dont je ne connaissais pas la langue mais je n’éprouvais pas ce sentiment de fermeture. Il n’y a pas d’empathie envers les habitants.
Melk ; 7 août 
Repos forcé ; il a plu toute la nuit sans discontinuer. Le matin il pleut toujours, je sentais bien que le tapis de sol était « un peu humide » en fait en sortant de la tente, je m’aperçois que le sol est gorgé d’eau, je suis littéralement dans une piscine…l’eau a commencé à envahir mes sacoches que j’avais imprudemment laissées entrouvertes. Sous la pluie battante, je commence à toute vitesse à essayer de mettre le maximum des  affaires à l’abri. En plus les limaces ont commencé à également tout envahir. Si ce n’est pas bien méchant, ce n’est pas très agréable, elles se collent partout ! Vite fait je mets mon bazar sur le vélo et je me réfugie sous le toit du restaurant qui est à 50 m. Là je commande un bon breakfast ; puis voyant que le temps ne s’améliore pas je décide de prendre une chambre dans ce restaurant qui fait aussi hôtel. J’envahis la chambre et met mes affaires à sécher. Apparemment la météo prévoit une amélioration dans la journée …mais d’amélioration je n’en vois guère ! Demain j’aviserai, Vienne est à 120 km je prendrai peut être le train pour y aller. Car dans moins d’une semaine je dois être à Budapest qui est encore à pratiquement 500 km. Au restaurant je rencontre deux couples de Rennes qui font le trajet de Passau à Vienne. Eux aussi envisagent de rester si le temps ne s’améliore pas. Ils se disent un peu déçus par l’itinéraire et partagent aussi mes sentiments vis-à-vis des contacts avec les habitants. Contacts vraiment difficiles. L’Autriche pour le moment n’est pas un pays où j’aurais envie de revenir…même les cyclistes autrichiens ne sont pas très avenants, rarement ils répondent au petit salut qu’on se fait habituellement entre nous. Curieux…La pluie n’arrange rien…c’est la troisième fois que je traverse ce pays et j’ai quasiment toujours eu de la pluie. Pourtant j’aurais bien envie de venir vers quelques sommets autrichiens. Il y a de magnifiques montagnes que je n’ai encore jamais parcourues et dont des copains montagnards m’ont dit le plus grand bien avec en prime des refuges où on peut prendre des douches, chose impensable en France où l’esprit CAF/boy scout prédomine…
Durant cette journée où la pluie ne cesse de tomber, je prends tout de même mon vélo pour franchir le pont qui traverse le Danube pour aller voir les horaires des trains puisque la voie ferrée est de l’autre côté. En fait demain il y a deux trains qui vont à Krems (à 40 km d’ici) et leurs horaires ne me vont pas du tout soit 7H00, soit 19H00. En plus à Krems je ne sais pas s’il y a des trains directs sur Vienne. Je pense que demain j’irai vers Vienne et m’arrêterai un peu avant, lundi je passerai à Vienne mais je n’y séjournerai pas. J’essaierai de voir pour un camping après en direction de Bratislava. Peut être qu’un jour je reviendrai pour quelques jours à Vienne on verra…pour le moment je ne ressens aucune sympathie pour ce pays. Je trouve les gens très fermés, les villages et les villes sans vraiment d’âme. Chacun chez soi…J’ai plutôt hâte d’en sortir et d’aller voir chez les slovaques et les magyars si l’atmosphère est moins pesante.

Melk – Klosterneuburg (entrée de Vienne) ; 8 août

Enfin du beau temps ! Ce matin le ciel est d’un bleu pâle ; mais il est bleu ! Après un solide petit déjeuner autrichien c'est-à-dire café, charcuterie, fromage, beurre, confiture…je pars de Melk, le vent souffle assez fort d’Ouest en Est on doit être en queue de dépression et j’avance vite sans fatigue. 
Le Danube a énormément grossi, les arbres qui le bordent ont leurs troncs qui baignent dans l’eau, le courant est très fort, il faut dire qu’avec la pluie qui est tombée durant quasiment 24 heures la crue menace, 
je le constaterai plus tard en fin de parcours… En attendant la vallée est resserrée, on aperçoit des anciennes forteresses  et des châteaux sur les hauteurs qui dominent le fleuve. 
Au bout d’une cinquantaine de km je rejoins les rennais qui avaient passé la nuit dans une pension après Melk, on va faire un bout de chemin ensemble, on doit se retrouver ce soir au camping… et puis quelques km avant l’arrivée, la voie est inondée, il faut soit faire un grand détour, soit passer en prenant le risque de bien « mouiller » les sacoches. En principe les miennes sont étanches et je les avais déjà testées. J’enlève mes chaussures et en poussant le vélo je m’engage. 
L’eau monte jusqu’à mi cuisses cela dure une bonne centaine de mètres. C’est un peu amusant. Évidemment il faudra bien huiler ensuite la chaîne et les différentes pièces du vélo car l’eau monte largement au-dessus du pédalier et du dérailleur. Mes sacoches à l’avant flottent car j’ai enlevé les attaches du bas pour alléger la roue avant. À l’arrivée pas de souci tout est sec…je ne regrette pas d’avoir acheté du bon matos...
Me voici arrivé aux portes de Vienne…c’est quasiment la moitié du parcours. Mon compteur affiche 1996 km depuis le départ. Je reste déçu par ce parcours autrichien…je m’attendais à beaucoup mieux, j’espère bien que la suite du voyage sera différent et plus chaleureux avec les gens que nous rencontrerons.



mercredi 4 août 2010

Des rives de l'Atlantique à Passau ; petit résumé

Voilà maintenant juste un mois que j’ai démarré ce voyage sur le pont de St Nazaire. Un peu plus de 1.800 Km plus loin je me trouve à Passau sur la frontière de l’Allemagne avec l’Autriche. 
Tout au long de ces trois fleuves, c’est toute une mosaïque de paysages qui se sont dévoilés au rythme lent de la bicyclette.

L’avantage de cet engin, comme pour la marche à pied c’est de vraiment sentir la nature. Sentir doucement les changements architecturaux des maisons, des monuments comme les églises, les cathédrales,
des édifices publics, chaque territoire a son style particulier. En voiture on va vite, on ne pénètre pas dans les villages, souvent c’est d’une aire d’autoroute qu’on aperçoit les clochers des villages. À vélo, point de cela, on circule tranquillement dans les villes, les villages. On entre dans les petits bistrots prendre un café ou pour se désaltérer avec une bonne bière allemande.

Le vélo facilite aussi les contacts, bien sûr avec les autres cyclorandonneurs, mais aussi avec des gens qui s’arrêtent lorsqu’ils s’aperçoivent que nous cherchons la bonne direction. Bien sûr le vélo a aussi ses exigences, c’est un « peu physique », il faut y être préparé, il faut pouvoir s’adapter aux changements climatiques, grosses chaleurs, pluie, humidité etc…mais c’est le lot de toutes les activités de pleine nature. Si on n’aime pas cela, on reste chez soi ou on prend sa bagnole !
Ceci étant dit, l’itinéraire vélo depuis le départ est un itinéraire facile, quasiment à 95 % en voie dédiée vélo ou sur de toutes petites routes. 
Hormis les traversées des villes françaises qui posent souvent problème à cause du déficit d’une part d’un réseau cyclable digne de ce nom et d’autre part d’une absence de signalétique, (les deux facteurs d’ailleurs étant liés), il n’y a aucune difficulté. Bien sûr de temps à autre il y a quelques sérieuses « bosses » à monter mais ce ne sont pas le Galibier ou le Tourmalet. Ce qui est plaisant également tout au long de ce parcours, c’est de voir le nombre relativement important de jeunes parents qui voyagent à vélo avec leurs enfants. On le voit en France et plutôt avec des étrangers, hollandais notamment. Et bien sûr en Allemagne ce phénomène s’accentue. Ici on a vraiment la culture vélo, pas celle du Tour de France, avec les coureurs français du dimanche déguisés en Armstrong ou Hinault qui reprennent leur bagnole le lundi matin pour aller au boulot ou acheter leur baguette de pain, mais dans une pratique quotidienne à la fois utilitaire et de loisirs.
Le long du Danube, c’est aussi de constater l’évolution de ce grand cours d’eau, toute petite rivière à Tuttlingen, se frayant son chemin entre une vallée encaissée et dominée par des anciens châteaux,
qui marquaient les territoires des seigneuries du Moyen Age, le Danube progressivement s’étale dans la plaine. Les cultures évoluent, grands espaces de culture à céréales, à maïs. 
Les exploitations agricoles deviennent importantes avec son corollaire environnemental car les nombreuses exploitations porcines doivent aussi provoquer des pollutions au nitrate comme en Bretagne. Mais différence « kolossal » la plupart des hangars agricoles sont couverts de panneaux solaires. 
Les allemands comme la plupart des pays nordiques ont compris que les énergies renouvelables étaient à la clé d’une part de la préservation de l’environnement mais aussi à la clé de la croissance économique en se mettant en partie indépendants des énergies fossiles et des pays producteurs. Le choix évidemment d’arrêter les programmes électro nucléaires y sont évidemment pour beaucoup. Une majorité de maisons est également équipée de panneaux photovoltaïques. On peut penser également que les nouvelles constructions sont conçues avec des matériaux isolants. Évidemment ceci n’est pas sans contradiction, on voit beaucoup de grosses berlines ou de superbes coupés Mercedes ou Porsche, bouffeurs de pétroles…les mêmes propriétaires ayant sans doute le toit de leur maison couverts de panneaux solaires….on a tous nos contradictions et quand je prends l’avion pour aller au bout du monde mon « bilan carbone » ne doit pas être au top !
Quoiqu’il en soit ce voyage est vraiment super, c’est un peu dommage que Dominig n’est pas pu suivre mais il valait mieux prendre cette décision. Demain je pars vers Linz et je pense atteindre après demain Vienne, la ville impériale. Ensuite ce sera la direction de Budapest, là les choses seront sans doute moins confortables au niveau des voies vélos….je pense que la Hongrie et ensuite les autres pays plus à l’Est seront plus compliqués à parcourir mais on sera deux et trois à Belgrade pour mieux gérer cette situation. Question forme tout va bien. Je me surprends à faire sans fatigue aux alentours de 100 bornes par jour avec un vélo chargé. Il est vrai sur un terrain plutôt plat. C’est plutôt l’humidité dans les campings 
qui me provoquent quelques maux de dos du genre lumbago une pommade chauffante me fait du bien….évidemment à plus de soixante balais on a plus la souplesse de ses 20 ans !!