Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

mercredi 18 août 2010

De Budapest à la frontière croate

Budapest – Dunavecse ; 16 août

Après une nuit d’enfer au camping, jeunes en fête jusque vers 2 heures du matin, puis dès 6 heures, groupe de jeunes polonais, qui commencent à plier leurs tentes dans le plus grand brouhaha, nous prenons un bon petit déjeuner hongrois, pain, beurre, fromage, charcuterie…plions nos tentes et nous prenons la route pour sortir de Budapest. La sortie de la ville ne se fait pas trop mal. Par moment il y a une voie cyclable, à d’autres moments nous empruntons des routes à forte circulation ; mais dans l’ensemble les autos nous doublent en s’écartant assez largement. Après la banlieue de Budapest nous commençons à entrer dans la Hongrie rurale. Je retrouve l’atmosphère que j’avais connue il y a quelques jours du côté de Györ. Petits villages aux maisons basses, toits recouverts de tuile. Le temps est assez chaud, plutôt lourd. La route est souvent déformée, nids de poule, bas côtés délicats. Le paysage est toujours aussi plat. Vers une heure nous nous écartons un peu de la route pour trouver un coin d’ombre au bord du Danube où nous déjeunons. À cet endroit le Danube est large, c’est un fleuve puissant. Régulièrement le long du fleuve des ferrys permettent le passage d’une rive à l’autre. Nous circulons nous sur la rive gauche que nous allons garder toute la journée. Vers 16 h le ciel devient très menaçant, d’un noir d’encre on sent que l’orage va arriver. 
Nous accélérons l’allure pour tenter d’atteindre un petit village, Makad, avant que l’orage n’éclate. Claude et moi allons assurer de long relais, le vent nous pousse, et c’est à plus de trente à l’heure que nous atteignons Makad alors que les premières gouttes commencent à tomber. Mais nous sommes à l’abri dans un petit bistrot le seul de ce village. Nous restons là tranquillement à prendre un pot en attendant que l’orage se passe. Trois quarts d’heure après nous reprenons la route. L’orage a rafraîchit la température. Nous longeons un bras du Danube le long d’une digue. 
Par ici c’est vraiment le désert. On sent une agriculture pauvre, on voit quelques troupeaux de moutons. Un peu de culture de maïs nous sommes dans des zones de marécage. Vers la fin du parcours nous sommes obligés de reprendre une route avec une circulation relativement importante. Nous arrivons dans la soirée dans une grosse bourgade, Dunavecse. Il n’y a pas de camping, nous trouvons un « motel » terme pompeux qui désigne un petit hôtel avec chambres sous les toits surchauffés…nous y passerons une nuit reposante.
Motel Direction Istambul ...
Dunavecse – Kalocsa ; 17 août  

Tranquillement ce matin nous repartons par un temps très beau, il ne fait pas trop chaud, le vent souffle dans le bon sens…quoi demander de mieux. Au départ nous nous engageons sur une voie non bitumée, en herbe. 
Rapidement nous essayons de la quitter car avec nos vélos chargés la maîtrise du vélo est difficile. Nous sommes rejoints par deux jeunes barcelonais qui sont partis de Donaueschingen  et qui rejoignent eux aussi la Mer Noire. Nous discutons un peu avec eux puis nous repartons eux vont assez vite car ils ont un temps relativement limité pour faire le parcours.
Nous reprenons une petite route bitumée mais à faible circulation. Les gens ici nous saluent de manière toujours sympathique. Les cyclorandonneurs sont assez rares. Nous traversons des champs où sont cultivés du maïs, du blé, des choux. Les petits villages traversés sont toujours très coquets. On y voit beaucoup de gens circuler à vélo. Après la petite ville de Solt, la voie vélo est tracée sur la levée. Elle est en parallèle de la route. On a l’impression qu’il s’agit de l’ancienne route qui a été intelligemment conservée pour la circulation des vélos. Vers une heure nous nous arrêtons au bord du Danube pour déjeuner, 
nous trouvons un joli coin avec tables, bancs…très reposant. Nous voyons même passer un bateau de croisière baptisé France. J’avais déjà vu ce bateau, c’était en Autriche à Melk. Ce bateau doit faire des croisières entre Belgrade et Passau. J’essaierai de me renseigner car pour le retour ce serait sympa de remonter le Danube en bateau…

Nous arrivons en milieu d’après midi à Kalocsa où nous décidons de rester. C’est une petite ville bien calme, sympathique. Très bien aménagée pour les vélos, on en voit partout. Cette ville a un musée du Paprika le seul au monde…mais il est trop tard pour y aller faire un tour. On verra demain matin. On fait un petit tour en vélo dans la ville, un peu de lessive, un peu d’écriture….un petit restau en soirée, dans ce qui devait sans doute être il y a 20 ans un restaurant d’État, tant son architecture et son volume rappelle le plus pur style soviétique…. 


Kalocsa – Baja ; 18 août
 
Aujourd’hui on a choisi d’aller à Baja, ville moyenne située à environ 45 km, mais nous allons prendre un itinéraire traversant la réserve nationale Duna Drava Nemzeti Park ce qui rallonge la route d’environ 40 km. Nous n’allons pas être déçus par cette traversée qui est de toute beauté. Il s’agit d’une réserve sur les bords du Danube où vivent une faune, notamment des oiseaux, et une flore très riche. Pour y accéder nous allons emprunter un ferry qui nous emmène sur la rive droite du Danube.

Ensuite nous nous dirigeons vers la ville de Szekszard où nous déjeunons. Puis nous atteignons cette réserve. La voie vélo emprunte une petite route, puis la digue. 
Le ciel très bleu donne des couleurs très vives au paysage verdoyant. Au loin on aperçoit quelques collines qui viennent rompre avec la plaine. 
De temps à autres des oiseaux, rapaces, s’envolent devant nous. Parfois nous apercevons quelques maisons sur le bord de la digue. 
Une voie ferrée particulière permet également de traverser cette réserve. Le trajet sur cette digue est très reposant ; on va faire environ une trentaine de km en toute tranquillité. Puis à une dizaine de km de Baja, cette tranquillité prend fin. Nous sommes obligés de circuler sur une route relativement étroite où la circulation est assez importante. Les voitures roulent très vite et la chaussée déformée sur les bas côtés déséquilibrent les vélos. On est assez tendus car un écart pourrait être assez dangereux. Enfin on atteint le pont qui traverse le Danube pour rejoindre Baja qui est sur la rive gauche. Une voie vélo en site propre permet en toute sécurité de passer sur l’autre rive où les panneaux EV 6 sont bien en place et vont nous guider pour atteindre le centre ville et le camping où nous allons dormir. L’EV 6 traverse des quartiers HLM avec une signalétique super bien faite. Les pistes cyclables passent au bas des HLM. On peut penser que la ville de Baja a su utiliser à très bon escient les financements européens dédiés à l’EV 6 pour également réhabiliter des quartiers populaires. Je trouve intéressant de traverser des quartiers et les allées tracées autour des immeubles pour arriver dans le centre ville. Le camping est au bord de la rivière qui sert de plage pour les habitants. 
On va en profiter pour aller piquer une tête dans l’eau et nous rafraîchir. Après 80 bornes en vélo cela fait un très grand bien !










Baja – Mohacs ; 19 août

On sort de Baja par l’EV 6, toujours bien fléchée.

Après une petite route on va rouler sur la digue qui n’est pas asphaltée mais bien roulante. 
L’environnement est très sauvage, à droite le Danube, à gauche des champs de maïs…et des marécages. On aperçoit quelques cigognes qui picorent dans les champs. 
Parfois ce sont des rapaces qui s’envolent devant nous. Après un pot pris dans un petit  camping aux couleurs très locales. 
On prend la direction de Mohacs. On est rejoint par un autrichien qui se rend à Belgrade. Je dois dire que depuis mon arrivée en Hongrie, les cyclorandonneurs ce font rares. Ce n’est plus l’Allemagne ou l’Autriche où on voyait une pléthore de cyclistes. Ici on sent que les cyclos qu’on rencontre de temps à autre « font vraiment la route… » On n’est plus dans le « cyclo tourisme »

Aujourd’hui on fait une étape courte 40 km, on s’arrête dans un camping en face de Mohacs. Pour rejoindre cette ville on doit prendre un ferry qui traverse le fleuve. Mohacs est la dernière ville avant la frontière avec la Croatie où nous nous rendrons demain.


vendredi 13 août 2010

Budapest

Budapest 13 août

Je viens d’arriver à Budapest par le train depuis Györ. J’ai bien fait car l’entrée dans Budapest n’est pas très simple et surtout je ne voulais pas être à chercher le camping. Budapest pour moi ce sont deux souvenirs l’un anecdotique, interrogé au lycée par un prof d’hist. Géo qui ne m’a pas laissé de souvenir impérissable par ses compétences…, sur les États de l’Europe centrale, je lui précisai que Budapest se divisait en deux villes : Buda et Pest ; croyant obtenir un bonus supplémentaire je croyais bon d’ajouter que Bucarest se divisait également en deux villes : Buca et Rest, mon bonus disparut sur cette erreur ! L’autre souvenir est plus dramatique, en 1956 j’avais à peine 7 ans et je me souviens de la phrase d’un reporter sans doute sur Paris Inter (ancêtre de France Inter) qui disait : « Les chars ont tiré sur la foule… » Pourquoi cette phrase est-elle restée gravée dans ma mémoire je ne saurais le dire…si ce n’est que Budapest était le premier État à se révolter contre la puissance soviétique. Cette révolte, comme on le sait sera noyée dans le sang, comme celle du printemps de Prague, de Gdansk... Il faudra attendre les évènements de Pologne et puis justement ici en Hongrie les premières failles du rideau de fer pour que le bloc de l’Est s’effondre sans vraiment que personne ne l’ait prévu.
Me voici donc à Budapest, il m’a fallu une heure pour me rendre de la gare à un petit camping que j’avais connu grâce à des forums de voyageurs. 
Une heure pour faire environ 5 km car ce n’est pas facile de trouver son chemin dans une grande ville où parfois les noms de rue n’apparaissent pas. Je remercie les hongrois qui toujours de façon très sympathique m’ont indiqué la bonne direction. L’un m’a même accompagné sur une partie du chemin. Je dois dire que Budapest a des voies cyclables mais comme à Nantes sans forcément de continuité et sans signalétique. Ceci dit pour traverser le Danube une très belle voie vélo longe le pont autoroutier. Aucun pont à Nantes n’est franchi par une voie vélo en site propre …cherchez l’erreur. Je suis donc bien arrivé à mon minuscule camping, situé à environ 5 km du centre historique de Budapest. Comme à Györ ce camping est dans un jardin évidemment c’est un peu serré mais quoi demander de plus dans une grande ville…
Se balader à vélo à Budapest est un petit peu acrobatique…car les automobilistes sont un peu nerveux…il paraît que le grand prix de F1 est au mois d’août…ceci dit à Nantes on est à bonne école…et finalement en sautant d’un trottoir à un autre et en traversant sur les passages piétons on s’en tire bien…il y a d’ailleurs pas mal de gens à vélo ici…j’ai même vu un coursier à vélo …également une 2 CV et une Trabant !

Cela faisait longtemps que je voulais visiter Budapest. Je n’aurais pas pensé y arriver à vélo mais vraiment Budapest est une très belle ville, on devrait d’ailleurs dire deux villes. Son centre historique est de toute beauté, bien sûr le parlement, 

mais aussi toutes les petites rues qui s’entrelacent et où on peut se perdre sans problème le Danube, Duna, en hongrois, sert de fil conducteur. L’atmosphère rappelle celle des villes italiennes, c’est vrai qu’il fait chaud, même très chaud, orageux, mais les gens le sont aussi !! Et les filles sont très « hot » ce n’est pas vraiment désagréable… plusieurs clochers, églises marquent le paysage de Budapest, souvent recouvertes de tuiles multicolores. 

Aujourd’hui avec un temps lourd et orageux les couleurs ressortent difficilement, cela manque de contraste, c’est un peu dommage. On sent une ville qui bouillonne. Une population assez cosmopolite, sans doute aussi beaucoup d’étudiants étrangers. Sorti du centre historique, on ressent par contre les difficultés … la voirie est souvent dégradée, les immeubles délabrés, et puis des sacs plastiques à traîner partout…


14 et 15 août ; Budapest

Comme prévu Claude arrive à Budapest. Je vais l’attendre à l’aéroport. Je prends un train qui m’emmène au terminal 1 de l’aéroport mais Claude arrive au terminal 2 que je rejoins à vélo, le train ne va pas là bas et les navettes ne prennent pas les vélos. Les deux terminaux sont très éloignés environ une dizaine de km ça je ne l’avais pas prévu. Une voie cyclable m’emmène à environ 2 km du T2 mais là c’est l’autoroute. Je devine une espèce de chemin qui long les grillages de l’aéroport et c’est au feeling que je m’engage sur un sentier et qui débouche sur une route qui elle-même arrive vers les parkings …je ne suis pas mécontent de mon flair ! car il n’y avait aucune indication et les abords des aéroports ne sont jamais évidents à aborder à vélo. Claude débarque vers 13 H 00 avec son énorme carton contenant son vélo. Nous trouvons un coin dans l’aéroport pour remonter les pièces qui ont été enlevées : selle, guidon, pédales etc…le temps de tout remonter cela nous prend pas loin de 1 heure et demie. Départ alors vers le train qui nous ramène à Budapest et ensuite traversée de la ville pour rejoindre le camping….

Le soir nous faisons une belle balade nocturne à travers le centre et le long du Danube. 
Le 15 août balade à vélo pour faire le tour de la ville. Ce qui est bien à vélo c’est que l’on visite une ville en toute facilité, sans souci de transport en commun ou de stationnement. C’est beaucoup moins fatiguant qu’en marche à pied…Budapest se laisse visiter facilement, la circulation à vélo n’est pas trop difficile les automobilistes même s’ils ont une conduite nerveuse nous laissent facilement passer ; à vélo on ne se sent pas un intrus ! De même la cohabitation piéton/vélo est facile.
Dès le matin, par une raide côte d’environ 2 à 3 km nous montons à la citadelle d’où nous avons une très belle vue sur la ville et le Danube (Duna).  
Malheureusement le temps très orageux et couvert ne permet pas de faire de très belles photos. 
Au sommet de cette citadelle se trouve la statue dite de la Liberté, 
statue monumentale, érigée en 1941, à l’initiative des  dirigeants hongrois pronazis et récupérée ensuite par le russes en 1945…(tout un symbole quant on connait les similitudes des régimes nazis et staliniens (il faut lire le livre de François FURET : « Le passé d’une illusion » pour comprendre les mécanismes mis en œuvre dans ces deux régimes totalitaires et monstrueux)
Puis nous partons vers le château de Buda où se situe le musée national hongrois. 
Très beaux monuments du 18 et 19ème siècle. 
Toujours dans Buda nous nous dirigerons ensuite vers le site où se trouve l’église de Mathias. 
Descente vers le Danube et direction l’île de Margrit, vaste île au nord de la ville, constituant un « poumon vert » de Budapest. Nous aurons la surprise de nous trouver devant la piscine où se déroulent les championnats d’Europe de natation. Il parait que nos « petits » français ont fait des merveilles !
Traversant cette île nous reprenons « pied » sur Pest pour nous diriger vers la place des Héros, vaste place où sont érigées là aussi des statues monumentales représentants les « héros » de la nation magyar. À côté se situe le parc «Varosliget » ou Bois de Ville, joli parc où a été construit un beau château. 
Nous terminerons notre journée par une « virée » nocturne le long du Danube jusqu’au parlement.

Dans ma hiérarchie toute personnelle des capitales européennes, je situe  Budapest comme 5ème ville la plus belle après Paris, Prague, Rome, Londres (classement très subjectif qui n’a pas forcément grand sens…)


jeudi 12 août 2010

De Bratislava à Budapest

Bratislava ; 10 août

Comme prévu, ce matin je pars visiter Bratislava qui est à une vingtaine de km d’ici. 

Bratislava est une ville très animée, vivante. La vieille ville recèle de très beaux monuments et édifices. On ressent ici une autre atmosphère. Rien à voir avec l’Autriche. On a basculé ici vers les pays slaves. Mais aussi vers la partie orientale de l’Europe. De la rigidité autrichienne, on passe à une ambiance beaucoup plus détendue, les femmes ici sont bien plus jolies à regarder !! Il y a comme un parfum de libération. C’est vrai aussi qu’il y a à peine 20 ans la Slovaquie qui était rattachée à la Tchékie faisait partie du bloc de l’Est. On voit quelques vestiges lors du passage de ce qui était la douane. 

On voit bien qu’à ce passage, il devait exister une sorte de no man’s land marquant ce qu’on appelait alors le rideau de fer. Aujourd’hui à Bratislava, les prix sont affichés en euros, on paye en euros et cela me créé même un doute car il me semble bien que la Slovaquie n’est pas dans la zone euro….(effectivement elle ne l’est pas) par contre le niveau de vie est certainement beaucoup moins élevé ici à voir les prix affichés dans les restaus ou les cafés.
Lorsque l’on monte au château Burg Hard

dans le quartier de Straé Mesto on a un très beau panorama sur la plaine du Danube. On sent au nombre de chantiers en construction qu’il y a un très fort dynamisme économique. En vélo, c’est très sympa de se balader dans la vieille ville, 
il y a bien sûr des touristes mais cela reste raisonnable par rapport à Prague par exemple. Visiter une ville en vélo aussi c’est bien moins fatigant qu’à pied ! On n’hésite pas à aller plus loin, à s’égarer dans les rues. D’autant que la circulation des véhicules reste modeste dans le centre. Entre Vienne, la guindée et Bratislava, la libérée mon choix est vite fait ! 

Ici on se sent bien…une ville et Carole, qui connait bien l’histoire de son pays, la Hongrie, me rappelle dans un message que Bratislava fait partie ou faisait partie de l’empire hongrois…

Bratislava est au carrefour de l’histoire européenne, que ce soit effectivement au temps du 18 ou 19ème du grand empire austro hongrois, ou plus récemment lors de la division des blocs de l’Ouest et de l’Est. Ici entre Bratislava et Vienne, cette zone d’une soixantaine de km, était au centre de beaucoup d’échanges entre les grandes puissances occidentales et l’URSS. C’est de la frontière hongroise, toute proche, qu’en 1989 le bloc de l’Est a commencé à se fissurer et à s’effondrer comme un château de cartes. Si on ne va pas regretter la fin de ces démocraties dites « populaires » on ne peut que s’interroger sur la voie hyper libérale qui a pris la suite créant des déséquilibres énormes au sein des populations vivant dans ces pays. L’intégration dans l’UE a certes permis de mieux réguler les choses mais cette intégration à marche forcée s’est sans doute faite trop rapidement. Il aurait fallu comme cela avait été le cas pour l’Espagne et le Portugal dans les années 80 un véritable accompagnement permettant aux structures socio économiques et aux institutions politiques de s’adapter progressivement aux réalités du monde occidentales. Or dans les pays de l’ancien bloc de l’Est on a vu plutôt émerger des oligarchies et la prise du pouvoir par les mafias qui agissaient depuis longtemps dans les systèmes d’économies souterraines. Un autre problème qui refait surface depuis quelques années concerne la montée des nationalismes. L’extrême droite est de plus en plus présente ici…la Hongrie serait même malheureusement en pointe dans ce domaine. La guerre des Balkans a été un facteur révélateur de la montée des nationalismes avec en prime un conflit à dimension religieuse et ethnique que l’on pensait disparu en Europe…on aura certainement l’occasion dans la suite de ce voyage de revenir, notamment en Serbie, sur ces conflits si dramatiques qui ne sont sans doute pas encore réglés puisque des criminels de guerre sont toujours en fuite et protégés…

Hainburg – Györ ; 11 août

Ce matin je quitte définitivement l’Autriche, c’est vraiment sans regret… Je repasse par Bratislava sans entrer dans la ville et par une très belle voie vélo roulante qui longe le Danube, je me dirige vers Cunovo, la ville frontière entre la Slovaquie et la Hongrie. Ici le Danube s’étale sur une très grande largeur, il forme quasiment un grand lac marécageux.
Le soleil qui est bien revenu commence à taper très fort. J’entre en Hongrie par les vestiges de l’ancienne douane. 
Très curieusement, les choses changent. D’abord l’état des routes qui sont petites et plutôt dégradées ; mais ce sont des petites routes sans beaucoup de circulation, mais ce sont surtout des changements humains qui me frappent. Lors de la traversée de la première petite ville, Rajka, j’observe les maisons, ce sont de petites maisons, plutôt basses, de plain pied aux toits recouverts de tuile. 
J’observe aussi que les gens circulent à vélo, mais sur de vieux vélos comme dans les années 50 chez nous. Visiblement cette région rurale de la Hongrie doit être assez pauvre. Les gens se déplacent avec de vieux vélos, ils n’ont sans doute pas suffisamment de revenus pour acheter un véhicule motorisé….on aperçoit par contre beaucoup de vélos électriques, mais ce ne sont pas ceux que l’on voit en France mais plutôt des vélos type mobylettes comme on en voit beaucoup au Viet Nam ou en Chine. Je sais que la Pologne en fabrique beaucoup également. Ici il n’y a plus de voie vélo spécifique on roule sur des petites routes qui au départ sont bordées de jolis noyers. 
De temps en temps on voit des panneaux avec le sigle vélo qui indique que l’on est bien sur l’EV 6. Où cela est un peu plus difficile c’est dans la traversée des villages car il n’y a pas de panneaux indicateurs des directions, plusieurs fois je m’égare et je suis obligé de demander mon chemin. Évidemment avec la langue ce n’est pas toujours facile mais en lisant la carte les gens rencontrés m’orientent bien.
Je déjeune dans un petit village, Dunakiliti, au bord d’un petit étang qui sert de zone de loisirs et de petite plage. On sent bien qu’on est ici dans un pays bien plus pauvre que ceux que je viens de traverser. La « bascule » entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale s’est bien faite ici après l’Autriche. L’atmosphère est totalement différente. Il règne une autre ambiance, moins de voitures, moins de motos, un peu plus de silence, plus de tranquillité. Les gens que je rencontre au hasard de mes demandes de renseignements le font toujours très gentiment. Ils regardent bien ma carte et me donne toutes les indications mélangeant, tout du moins c’est mon impression, hongrois et allemand…ne parlant aucune de ces deux langues, cela ne m’avance pas beaucoup !!    Après ce village l’itinéraire va emprunter la digue qui longe le Danube, 
l’avancée sur cette digue est assez difficile car le revêtement est très caillouteux et j’ai parfois du mal à maîtriser la conduite du vélo, en plus le vent souffle de face et j’avance péniblement à 14 Km/h, autour de moi c’est le désert, chemin rectiligne, 
pas un bruit et le soleil qui frappe…au bout d’une dizaine de km sur cette digue j’aperçois des ouvriers agricoles qui travaillent au ramassage de légumes, puis j’atteins à la sortie de ce chemin le village de Püski. Je retrouve une route classique et une dizaine de km plus loin après Hédervár, on retrouve une voie vélo spécifique qui longe la route. 
C’est l’EV 6 elle est plutôt étroite et bosselée mais on est tranquille et les habitants circulent beaucoup en vélo sur cette voie. Je note d’ailleurs que ce ne sont plus de vieux vélos comme tout à l’heure. La proximité de Györ doit sans doute permettre une activité économique plus importante et donc des possibilités de revenus également plus important. Les 20 derniers km sont assez pénibles car le vent souffle toujours de face et aujourd’hui je fais une étape de près de 120 km. En arrivant à Györ j’ai beaucoup de mal à trouver le camping. Je l’ai bien sur ma carte mais je ne le vois pas. Les gens apparemment ne le connaissent pas. Je reviens sur mes pas et en fait ce camping est minuscule. Le propriétaire a une petite maison avec un terrain d’environ 1.500 m² sur lequel il loue des emplacements. Mais s’est un camping super sympa avec tout le confort. 
Ombragé, petites tables, parasol et même petite piscine au fond du jardin…cela me plait bien puisque je reste ici deux jours. Vendredi je gagnerai Budapest par le train, je veux éviter de rentrer là bas tout seul, d’autant qu’il faut je trouve le camping et ce n’est pas forcément gagné d’avance !!!

Donc ici à Györ, repos, dans cette ville très belle, dotée d’un centre ville rénové,

avec de larges zones piétonnières où les vélos ont aussi toute leur place…le soir c’est vraiment très agréable, il fait bon, une chaleur douce.

Par contre au camping, anti moustiques de rigueur, les petites bêtes sont plutôt virulentes !

mardi 10 août 2010

De Vienne à Bratislava

Vienne – Hainburg ; 9 août

C’est curieux mais il pleut encore ce matin, ce n’est pas très méchant mais cela suffit à mouiller la toile de tente… Je pars vers Vienne qui se trouve à une dizaine de km. Je n’ai pas l’intention de visiter la ville….aussi je suis directement la voie le long du Danube. C’est plutôt agréable, on rêverait d’avoir en France des voies vélos qui longent comme ici les fleuves ou les rivières…Quand on connait la galère à Nantes et les conneries que les urbanistes ont conçues pour longer la Loire à 
Nantes on a envie de les emmener ici pour qu’ils prennent des leçons ! J’ai largement apprécié cet aménagement pour monter au pont autoroutier qui franchit le Danube. 
Montée en spirale conçue pour les vélos et ensuite voie vélo en encorbellement en dessous du pont. 
On franchit ainsi le Danube en toute sécurité. Toujours est-il que je traverse Vienne en toute tranquillité et me retrouve sur la voie en direction de Bratislava. On traverse l’inévitable zone industrielle et pétrolifère puisque ce sont ici des réserves de pétrole qui ont été construites. Puis on arrive dans une nature un peu plus sauvage, plutôt marécageuse. Mais le Danube est en crue et la voie vélo est impraticable. Des déviations sont mises en place et je me retrouve à traverser une zone forestière qui m’éloigne du fleuve. Plus loin la forêt laisse place à des cultures de maïs et pommes de terre. Le relief est d’une platitude à faire rougir de honte un belge si fier de son « plat pays »…. !!! Aujourd’hui on ne va pas se fatiguer à gravir des bosses. 
À midi je déjeune dans un petit village où je rencontre un couple d’allemands qui voyagent avec leur petit fils d’une dizaine d’années. Le monsieur parle un peu le français. Il m’explique que depuis trois ans ils font des parties du Danube avec leur petit fils. Il y a deux ans ils avaient réalisé Donaueschingen – Regensburg ; l’an passé Regensburg – Vienne et cette année ils vont faire Vienne – Budapest. Je trouve cette pratique vraiment très sympa, les grands parents passant une semaine à vélo avec l’un de leurs petits enfants…peut être un jour si Maiwenn aime le vélo et si je suis toujours en forme …qui sait ?? 
Si le relief est plat, on sent un changement depuis Vienne. Changement dans la qualité de la voie vélo qui est un peu plus « bricolée » mais aussi changement dans les gens qu’on rencontre. Les parcours vraiment "touristiques" d’avant Vienne sont finis. Ici les cyclistes qui viennent sont  là pour autre chose. De nouveau, les gens se parlent, se saluent. On sent beaucoup plus de communication. Dès qu’on cherche son chemin, quelqu’un vient nous renseigner. C’est une atmosphère totalement différente des jours derniers. On sent qu’on entre dans une autre dimension comme si l’horizon était beaucoup moins bien défini que les semaines passées…
Ce soir je suis à une dizaine de km de Bratislava à Hainburg. Il n’y a pas de camping et j’ai pris une chambre dans une pension. Demain je garderai cette chambre et je profiterai de la journée pour aller visiter Bratislava. Ce sera plus facile car à Bratislava je n’ai pas d’adresse où séjourner et j'ai lu des commentaires peu flatteurs sur le camping qui est également très éloigné du centre ville...