Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

dimanche 29 août 2010

Belgrade Porte de Fer

Belgrade – Kovin ; 25 août

Comme prévu, Dominique arrive vers midi à l’aéroport de Belgrade, nous avons trouvé un bus qui nous ramène sur le centre de Belgrade avec le vélo à l’intérieur. Rapidement on déjeune puis on prend la route en direction de la petite ville de Kovin. Pour sortir de Belgrade il nous faut traverser le Danube car nous allons le suivre sur la rive droite. On emprunte un pont avec une grosse circulation. Heureusement on peut rouler sur un trottoir étroit.
Mais le pont est long pas loin sans doute d’un km. Le Danube bien évidemment est très large ici. Arrivé sur la rive droite, nous prenons une petite route qui longe la levée. Le chemin n’est pas évident, tantôt goudronné, tantôt sur de la terre, mais comme il fait très sec, rouler n’est pas trop dur. On atteint assez rapidement la ville de Pancevo qui marque en gros la fin de la banlieue de Belgrade. La route est bien balisée. Un partenariat entre l’Allemagne et la Serbie a été créé pour mettre en œuvre le projet de l’eurovélo sur cette partie du Danube en Serbie. 
Régulièrement les panneaux balisent et indiquent bien les routes à prendre. Aider par un vent plutôt favorable et une route très roulant nous filons un bon train. À une dizaine de km de l’arrivée, Dominique crève, il regonfle tous le km son pneu afin de terminer le parcours sans faire la réparation. Sur cette rive du Danube, le relief est plat ; alors que rive gauche il est plus mouvementé. En traversant les villages on remarque que les habitants font leur provision de bois pour l’hiver. Les stères de bois sont alignés devant les maisons et les gens scient ou fendent les buches qui doivent bien mesurer un mètre de long. Visiblement ici le chauffage est au bois. On ne voit pas non plus de panneaux solaires. Vers 18h30 nous sommes à Kovin, gros village situé en face de Smederevo. Nous y restons à passer la nuit après une étape de 60 km que nous avons fait dans l’après midi.

Kovin – Golubac ; 26 août

Le départ se fait toujours sous un beau ciel bleu…on se dirige vers Stara Palanka où nous prendrons un bac pour rejoindre la rive droite et rester en Serbie. Sinon en rive gauche nous serions entrés en Roumanie, ne sachant pas trop quelle option prendre nous choisissons l’option serbe. Le fléchage de la route est très bon. La chaussée est également très roulante. 
Le paysage change, le sol devient sableux, on a l’impression d’évoluer dans un environnement de petites dunes des bords de mer. Dominique crève une nouvelle fois. On s’aperçoit que son pneu avait gardé un très petit morceau de verre…

Au bout de 40 km le balisage nous indique le lieu du bac et nous suivons une rivière sur une digue dotée d’un chemin à peu près stable. 
De nombreux oiseaux sont présents le long de cette rivière canalisée. Malheureusement de nombreux déchets plastiques, bouteilles et autres ordures jonchent les rives.
Quatre km plus loin nous arrivons au lieu d’embarquement. En attendant le bac, 
nous déjeunons dans le petit restaurant à l’ombre sous les feuillages. Puis nous effectuons la traversée sur un petit bac qui nous emmène à Ram sur la rive droite. Ici le Danube s’étale comme un grand lac. Sur l’autre rive nous reprenons la route sur une petite voie de circulation qui va longer le fleuve. La chaleur est assez forte mais supportable. Après la ville de Velika Gradiste nous empruntons, un peu par erreur, une route où la circulation est plus importante. Au loin on aperçoit la rive roumaine qui apparaît très escarpée. Les petites villes traversées sont identiques à des petites stations balnéaires…Le soir nous nous arrêtons dans la petite ville de Golubac où nous trouvons un joli appartement pour nous loger tous les trois…

mardi 24 août 2010

Entrée en Serbie Сpбија


Vukovar – Novi Sad ; 22 août


On part sous une grosse chaleur de Vukovar. L’étape va être dure, car le profil est mouvementé, plusieurs côtes
nous attendent et cette étape est longue un peu plus de 90 km. Nous entrons en Serbie par un tout passage frontalier situé en haut d’une belle grimpette d’un peu plus de 1,5 km.
Les douaniers serbes sont peu bavards, ils tamponnent nos passeports, je me rends d’ailleurs compte que mon passeport est presque plein il reste simplement deux pages…si çà continue je vais devoir aller dans une ambassade demander un autre document….
En Serbie on n’a plus les panneaux de l’EV 6 qui parfois nous accompagnaient en Croatie. La route est plutôt mauvaise, très bosselée. On est dimanche il y a peu de circulation. Vers midi nous nous arrêtons déjeuner au bord d’un bras du Danube.
Des habitants sont là en train de pêcher et ils vont venir discuter un peu avec nous, on passe un très bon moment avec eux.
Puis nous repartons sur la route qui est en surchauffe ! Les côtes succèdent aux descentes, les jambes commencent à souffrir !
On visite une petite église en haut d’un village, au moins on a peu de fraîcheur à l’intérieur.
Petit à petit nous approchons de Novi Sad deuxième ville de Serbie. La circulation devient plus importante. On est loin de la voie tranquille d’il y a quelques jours et des tapis roulants de l’Allemagne ou de l’Autriche. Ici c’est bosselé, nids de poule mais surtout les bas côtés sont déformés et il est parfois difficile de maintenir le vélo en ligne. Il faut être vigilant à ne pas faire d’écart, à cause des véhicules qui doublent sans forcément prendre beaucoup de distance. C’est un peu stressant ! Je mets pour la première fois mon casque ! Une dizaine de km avant Novi Sad on monte une rude côte sous le soleil brûlant et le goudron qui fond en partie, comme on ne va pas vite dans la côte et que la route est étroite, il faut redoubler de vigilance avec les voitures derrière qui ont du mal à nous doubler…
Enfin après cette côte et sur un replat on aperçoit Novi Sad
et en contre bas le Danube, la vue est superbe. Ensuite il n’y a plus qu’à se laisser glisser dans la descente pour franchir le pont enjambant le Danube
en bas de la citadelle de Novi Sad et d’entrer dans le centre de cette ville,
prendre un pot bien mérité à la terrasse d’un café et de trouver un hôtel sympa pour enfin se mettre sous une douche bien fraîche….

Novi Sad – Belgrade ; 23 août

Encore une étape très chaude, et longue 100 km …pour arriver dans la capitale de la Serbie. 
Nouveau coéquipier !
En apéro on se paye un petit col de 4 km ça échauffe pas mal les jambes. En haut de cette côte, une paysanne vend des fruits, pêches, poires, très gentiment un automobiliste qui s’est arrêté nous offre trois kgs de fruits. Il y a comme cela des gens qui sont très sympas sur notre route. Le vélo est un très grand facilitateur. Dès que l’on cherche notre direction, on nous renseigne facilement. Un conducteur de train fait klaxonner sa machine et nous salue de la main. Les automobilistes nous klaxonnent aussi très simplement. Il faut dire que les cyclotouristes sont rares ici de même d’ailleurs que les touristes tout court….
Et puis en Serbie, l’alphabet est en cyrillique, c’est un peu plus compliqué pour déchiffrer les noms des rues ou des villes. Claude m’apprend que le Croate et le Serbe sont des mêmes langues mais l’une le Croate s’écrit en alphabet romain et l’autre le serbe en alphabet cyrillique. Le serbo croate s’écrivant dans les deux alphabets d’où l’expression « serbo croate » pour dire qu’on y comprend rien !
Doucement on s’avance vers Belgrade, le profil de l’étape s’est apaisé mais il fait une très grosse chaleur. Vingt km avant Belgrade on entre sur une route avec une grande circulation. Ce qui me fait peur se sont les bus qui nous rasent de très près mais sinon on s‘y fait. J’ai remis mon casque …protection à mes yeux bien futile en cas d’accident…mais bon dans l’ensemble les gens conduisent bien et font attention à nous.
L’entrée dans Belgrade est finalement assez facile, la chaussée s’élargit, devient meilleur et on arrive sans problème au bord du Danube où une belle allée nous emmène vers le centre. 
On discute avec un jeune cycliste qui nous demande d’où nous venons. Puis nous franchissons un pont pour nous diriger vers le centre où nous attend notre hôtel. Évidemment il faut gravir une belle côte pour y arriver !








Belgrade 24 août ; PC Réparé !

Jour de repos à Belgrade, dans la matinée nous trouvons un réparateur pour mon netbook qui a buggé …depuis Vukovar j’étais sans cet appareil qui me sert à remplir les pages de ce blog. Bien ennuyé car on trouve difficilement des cybers cafés et en plus la mise en ligne du texte et des photos prennent du temps. Cela me permet d’envoyer des nouvelles à tout le monde et de maintenir avec la famille et les amis des liens. Je pense notamment à ma mère qui est maintenant seule à la maison et qui suit mon voyage sur une carte de l’Europe et lit ce blog grâce à l’aide de mes frères. Mon père malheureusement n’est plus en capacité de suivre ce voyage. Je sais qu’il aurait été heureux de parcourir ce document lui qui parcourait très souvent les cartes et les atlas du monde. Aujourd’hui le PC est réparé…je peux reprendre la mise à jour. Et demain Dominique m’amènera également un second appareil que Colette très gentiment me prête (je ne pensais pas que j’aurais pu réparer ici le netbook)
Belgrade n’est pas à proprement parlé une belle ville….elle a souffert de la guerre.

Mais c’est une ville d’atmosphère, une ville qui vit…Le long des berges du Danube il fait bon se promener…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
on sent également une dynamique économique forte comme du reste à Novi Sad ou dans les petites villes traversées. Ce pays veut montrer qu’il a du ressort.

Demain (25 août) on va attendre mon frère à l’aéroport. Dominique est un vieux routier du vélo…à vingt ans à peine il était parti de Nantes vers le Cap Nord…puis il a enchaîné plusieurs périples à vélo l’Écosse, le Sénégal, la Yougoslavie du temps de Tito etc…Claude et moi espérons qu’il ne va pas nous « casser »….

Retour sur la guerre des Balkans


Osijek – Vukovar 21 août ; Retour sur la guerre des Balkans
On continue notre traversée de la Croatie…aujourd’hui on doit faire étape à Vukovar. 
Ville malheureusement célèbre, car cette ville située sur la rive sud du Danube, a subi les tirs de projectiles de toute sorte depuis la rive opposée où se situe la Serbie. 
Cette petite ville porte toujours les stigmates de la guerre et s’il fait bon vivre sur les bords du Danube dans la chaleur des soirées d’été, les immeubles, les maisons détruites sont toujours là pour rappeler les malheurs de cette guerre qui s’est quasiment déroulée à notre porte et que l’Europe n’a pas su régler.

La fin du boc de l’Est, et la mort de Tito quelques années avant, ont fait éclater la Yougoslavie. Tito sortait de la guerre 39 – 45 tout auréolé de son opposition au régime nazie à la tête de la Résistance, les Partizans, Tito le Croate, avait su fédérer les différentes régions des Balkans, tout en s’opposant à Staline. Créant un modèle, le titisme, fondé sur un système d’autogestion ouvrière qui en France faisait parfois rêver la gauche se réclamant de cette approche autogestionnaire, je pense notamment au PSU auquel à l’époque j’adhérais…
Si ce régime se détachait très nettement du modèle soviétique, il était fortement marqué par la bureaucratie et par la prise du pouvoir des oligarques du parti unique. Quand on voit aujourd’hui dans les campagnes de la Croatie, les ruines des anciennes fermes d’État, on s’aperçoit bien des limites de ce système. Tito, comme tous les hommes d’État, fonctionnant sur leur charisme et sur leur pouvoir personnel n’a pas su d’une part, comprendre que son système économique était voué à l’échec et d’autre part n’a pas su préparer par un manque d’institutions démocratiques sa succession. La suite malheureusement on la connaît… Revendication des indépendances des grandes régions. Indépendance accordée très vite à la Slovénie, pays le plus proche de l’Europe occidentale. Indépendance refusée par le pouvoir serbe à la Croatie et début de la guerre civile qui va par la suite s’étendre à toute la fédération yougoslave. Avec l’épuration ethnique qui va être mise en œuvre par Milosevic et ses généraux c’est toute une page d’horreur, que l’on croyait disparu, qui va de nouveau s’ouvrir en Europe.
Une Europe incapable de gérer ce conflit toute seule. C’est bien l’absence d’une Europe politique qui va être l’un des facteurs majeurs de cette guerre. Claude me faisait justement remarquer, que le chancelier Helmut Kohl en reconnaissant l’indépendance de la Croatie, avait créé beaucoup de confusion dans la fragile ligne politique européenne. Il faudra alors l’intervention des USA et des forces de l’OTAN pour que ce conflit prenne fin sans vraiment trouver dans le début des années 2000 de solutions politiques aux (micros) régions qui réclament leur indépendance : Kosovo, Macédoine, Monténégro…    
Et puis pour terminer sur ces réflexions personnelles, il ne faudrait pas être simpliste. Voir d’un côté les méchants serbes et de l’autre les gentils croates. Les choses sont évidemment bien plus complexes. Par la suite de ce voyage, nous allons rencontrer des serbes et je pense notamment à un jeune serbe avec qui nous allons un peu discuter. Lui n’a sans doute pas connu la guerre mais en cours de discussion on a l’impression qu’il sent un poids de culpabilité. Il nous dit que c’est difficile de vivre en Serbie. On a une impression de malaise chez ce jeune qui fait actuellement son service militaire, comme si les crimes commis par le pouvoir de Milosevic stigmatisaient toujours les habitants de la Serbie.

vendredi 20 août 2010

Traversée de la Croatie

Mohacs – Osijek ; 20 août

Une très belle étape aujourd’hui. On passe la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c’est la première fois où on montre nos passeports, on sort de l’U.E.

On entre en Croatie par la petite ville d’Udvar. Pour moi c’est le sixième pays que je traverse…Puis nous nous dirigeons vers les premiers villages croates. Le style de maisons change un petit peu. Certaines ressemblent de loin à des chalets savoyards. Dans l’ensemble ce sont des petites maisons et les premiers villages me semblent très pauvres. Après une belle bosse de 2 km environ, (cela faisait longtemps que nous n’avions pas grimpé…), 
nous atteignons vers midi un gros village, Batina où nous faisons quelques courses et nous changeons un peu d’argent. En Croatie la monnaie est le Kuna (KN). Ce village a souffert de la guerre certaines maisons n’ont pas été reconstruites et on voit sur les murs les impacts des balles. 
On poursuit ensuite en direction de la digue qui longe le Danube, ici il s’appelle le Dunav. 
L’environnement est très sauvage, nous entrons dans une réserve nationale. 
La réserve du Kopacki Rit. Dans les marécages on peut observer beaucoup d’oiseaux, hérons, aigrettes, oies ….le paysage est de toute beauté. 
On est pratiquement toujours tout seul. Par moment quelques rares voitures passent sur cette petite route. On voit aussi quelques grandes fermes abandonnées…sans doute des anciennes fermes d’État. Puis en soirée nous arrivons à Osijek, petite ville sur les bords de la Drava, grosse rivière qui vient grossir ici le Danube. Osijek est une ville où la guerre civile a fait rage…

beaucoup de bâtiments n’ont pas été encore reconstruits….

mercredi 18 août 2010

De Budapest à la frontière croate

Budapest – Dunavecse ; 16 août

Après une nuit d’enfer au camping, jeunes en fête jusque vers 2 heures du matin, puis dès 6 heures, groupe de jeunes polonais, qui commencent à plier leurs tentes dans le plus grand brouhaha, nous prenons un bon petit déjeuner hongrois, pain, beurre, fromage, charcuterie…plions nos tentes et nous prenons la route pour sortir de Budapest. La sortie de la ville ne se fait pas trop mal. Par moment il y a une voie cyclable, à d’autres moments nous empruntons des routes à forte circulation ; mais dans l’ensemble les autos nous doublent en s’écartant assez largement. Après la banlieue de Budapest nous commençons à entrer dans la Hongrie rurale. Je retrouve l’atmosphère que j’avais connue il y a quelques jours du côté de Györ. Petits villages aux maisons basses, toits recouverts de tuile. Le temps est assez chaud, plutôt lourd. La route est souvent déformée, nids de poule, bas côtés délicats. Le paysage est toujours aussi plat. Vers une heure nous nous écartons un peu de la route pour trouver un coin d’ombre au bord du Danube où nous déjeunons. À cet endroit le Danube est large, c’est un fleuve puissant. Régulièrement le long du fleuve des ferrys permettent le passage d’une rive à l’autre. Nous circulons nous sur la rive gauche que nous allons garder toute la journée. Vers 16 h le ciel devient très menaçant, d’un noir d’encre on sent que l’orage va arriver. 
Nous accélérons l’allure pour tenter d’atteindre un petit village, Makad, avant que l’orage n’éclate. Claude et moi allons assurer de long relais, le vent nous pousse, et c’est à plus de trente à l’heure que nous atteignons Makad alors que les premières gouttes commencent à tomber. Mais nous sommes à l’abri dans un petit bistrot le seul de ce village. Nous restons là tranquillement à prendre un pot en attendant que l’orage se passe. Trois quarts d’heure après nous reprenons la route. L’orage a rafraîchit la température. Nous longeons un bras du Danube le long d’une digue. 
Par ici c’est vraiment le désert. On sent une agriculture pauvre, on voit quelques troupeaux de moutons. Un peu de culture de maïs nous sommes dans des zones de marécage. Vers la fin du parcours nous sommes obligés de reprendre une route avec une circulation relativement importante. Nous arrivons dans la soirée dans une grosse bourgade, Dunavecse. Il n’y a pas de camping, nous trouvons un « motel » terme pompeux qui désigne un petit hôtel avec chambres sous les toits surchauffés…nous y passerons une nuit reposante.
Motel Direction Istambul ...
Dunavecse – Kalocsa ; 17 août  

Tranquillement ce matin nous repartons par un temps très beau, il ne fait pas trop chaud, le vent souffle dans le bon sens…quoi demander de mieux. Au départ nous nous engageons sur une voie non bitumée, en herbe. 
Rapidement nous essayons de la quitter car avec nos vélos chargés la maîtrise du vélo est difficile. Nous sommes rejoints par deux jeunes barcelonais qui sont partis de Donaueschingen  et qui rejoignent eux aussi la Mer Noire. Nous discutons un peu avec eux puis nous repartons eux vont assez vite car ils ont un temps relativement limité pour faire le parcours.
Nous reprenons une petite route bitumée mais à faible circulation. Les gens ici nous saluent de manière toujours sympathique. Les cyclorandonneurs sont assez rares. Nous traversons des champs où sont cultivés du maïs, du blé, des choux. Les petits villages traversés sont toujours très coquets. On y voit beaucoup de gens circuler à vélo. Après la petite ville de Solt, la voie vélo est tracée sur la levée. Elle est en parallèle de la route. On a l’impression qu’il s’agit de l’ancienne route qui a été intelligemment conservée pour la circulation des vélos. Vers une heure nous nous arrêtons au bord du Danube pour déjeuner, 
nous trouvons un joli coin avec tables, bancs…très reposant. Nous voyons même passer un bateau de croisière baptisé France. J’avais déjà vu ce bateau, c’était en Autriche à Melk. Ce bateau doit faire des croisières entre Belgrade et Passau. J’essaierai de me renseigner car pour le retour ce serait sympa de remonter le Danube en bateau…

Nous arrivons en milieu d’après midi à Kalocsa où nous décidons de rester. C’est une petite ville bien calme, sympathique. Très bien aménagée pour les vélos, on en voit partout. Cette ville a un musée du Paprika le seul au monde…mais il est trop tard pour y aller faire un tour. On verra demain matin. On fait un petit tour en vélo dans la ville, un peu de lessive, un peu d’écriture….un petit restau en soirée, dans ce qui devait sans doute être il y a 20 ans un restaurant d’État, tant son architecture et son volume rappelle le plus pur style soviétique…. 


Kalocsa – Baja ; 18 août
 
Aujourd’hui on a choisi d’aller à Baja, ville moyenne située à environ 45 km, mais nous allons prendre un itinéraire traversant la réserve nationale Duna Drava Nemzeti Park ce qui rallonge la route d’environ 40 km. Nous n’allons pas être déçus par cette traversée qui est de toute beauté. Il s’agit d’une réserve sur les bords du Danube où vivent une faune, notamment des oiseaux, et une flore très riche. Pour y accéder nous allons emprunter un ferry qui nous emmène sur la rive droite du Danube.

Ensuite nous nous dirigeons vers la ville de Szekszard où nous déjeunons. Puis nous atteignons cette réserve. La voie vélo emprunte une petite route, puis la digue. 
Le ciel très bleu donne des couleurs très vives au paysage verdoyant. Au loin on aperçoit quelques collines qui viennent rompre avec la plaine. 
De temps à autres des oiseaux, rapaces, s’envolent devant nous. Parfois nous apercevons quelques maisons sur le bord de la digue. 
Une voie ferrée particulière permet également de traverser cette réserve. Le trajet sur cette digue est très reposant ; on va faire environ une trentaine de km en toute tranquillité. Puis à une dizaine de km de Baja, cette tranquillité prend fin. Nous sommes obligés de circuler sur une route relativement étroite où la circulation est assez importante. Les voitures roulent très vite et la chaussée déformée sur les bas côtés déséquilibrent les vélos. On est assez tendus car un écart pourrait être assez dangereux. Enfin on atteint le pont qui traverse le Danube pour rejoindre Baja qui est sur la rive gauche. Une voie vélo en site propre permet en toute sécurité de passer sur l’autre rive où les panneaux EV 6 sont bien en place et vont nous guider pour atteindre le centre ville et le camping où nous allons dormir. L’EV 6 traverse des quartiers HLM avec une signalétique super bien faite. Les pistes cyclables passent au bas des HLM. On peut penser que la ville de Baja a su utiliser à très bon escient les financements européens dédiés à l’EV 6 pour également réhabiliter des quartiers populaires. Je trouve intéressant de traverser des quartiers et les allées tracées autour des immeubles pour arriver dans le centre ville. Le camping est au bord de la rivière qui sert de plage pour les habitants. 
On va en profiter pour aller piquer une tête dans l’eau et nous rafraîchir. Après 80 bornes en vélo cela fait un très grand bien !










Baja – Mohacs ; 19 août

On sort de Baja par l’EV 6, toujours bien fléchée.

Après une petite route on va rouler sur la digue qui n’est pas asphaltée mais bien roulante. 
L’environnement est très sauvage, à droite le Danube, à gauche des champs de maïs…et des marécages. On aperçoit quelques cigognes qui picorent dans les champs. 
Parfois ce sont des rapaces qui s’envolent devant nous. Après un pot pris dans un petit  camping aux couleurs très locales. 
On prend la direction de Mohacs. On est rejoint par un autrichien qui se rend à Belgrade. Je dois dire que depuis mon arrivée en Hongrie, les cyclorandonneurs ce font rares. Ce n’est plus l’Allemagne ou l’Autriche où on voyait une pléthore de cyclistes. Ici on sent que les cyclos qu’on rencontre de temps à autre « font vraiment la route… » On n’est plus dans le « cyclo tourisme »

Aujourd’hui on fait une étape courte 40 km, on s’arrête dans un camping en face de Mohacs. Pour rejoindre cette ville on doit prendre un ferry qui traverse le fleuve. Mohacs est la dernière ville avant la frontière avec la Croatie où nous nous rendrons demain.