Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

dimanche 29 août 2010

Les Portes de Fer

Golubac – Golubinje ; 27 août

Étape très chaude, on va avoir du 34° à l’ombre vers 15H00 …mais étape très, très belle. On entre dans les gorges du Danube. Ce sont les célèbres portes de fer. 
Ce matin le Danube qui hier soir était comme un lac sans ride, apparaît comme une petite mer agitée ! En effet des phénomènes thermiques et de relief produisent un vent très fort qui nous est très défavorable durant quelques km une fois entré dans les gorges le vent disparait et nous avançons beaucoup plus facilement. Le paysage est très beau, la route est en balcon et longe le Danube, la circulation reste modérée et l’asphalte très roulant. 
Les premiers tunnels apparaissent, il y en a 21 à franchir. 
Par sécurité nous mettons nos gilets fluos et j’ai une frontale que j’allume en position clignotant que je me mets derrière la nuque. Tout se passe très bien même si le bruit des voitures dans les tunnels est un peu stressant… vers midi nous nous arrêtons en contrebas de la route pour déjeuner d’une petite salade tomates concombres que nous avons acheté ce matin. Il fait vraiment très chaud. 
Nous repartons en empruntant l’ancienne route qui n’est plus qu’un chemin très dégradé. 
Le cheminement va être dur pendant environ 5 km durant lesquels nous remontons une sorte de petit col qui nous ramène à hauteur de la route principale. On a vraiment eu chaud dans cette remontée. D’autant qu’on a pris cette route au feeling sans trop savoir si où elle débouchait. Finalement nous sommes au-dessus de Donji Milanovac d’où nous surplombons le Danube qui forme quasiment une petite mer intérieure…
on se laisse « glisser » vers Donji Milanovac où nous faisons un stop bien mérité. 
Ensuite nous repartons en faisant une petite boucle vers le village de Golubinje où nous trouvons à nous loger dans une petite maison qui surplombe le Danube. Les propriétaires nous accueillent avec beaucoup de sympathie. Le soir, ils nous préparent un repas que nous prenons sur les bords du fleuve. 
En apéro Schnaps, soupe puis des sortes de pains qui ont été mélangés avec des œufs…très roboratifs ….le tout dans une atmosphère de soirée où à la chaleur de la journée succède une douce quiétude au bord du fleuve calme d’où nous pouvons voir sur la rive opposée la Roumanie éclairée par les quelques véhicules qui circulent sur la route longeant la rive roumaine du Danube.  
Golubinje – Kupuzinste 28 août

Encore une journée où le mercure va péter les plombs ! entre  34° et 38° à l’ombre alors au soleil ça chauffe un max ! On commence par un super petit déjeuner au bord du Danube servi par le très sympathique couple de propriétaire de la pension. Tomates, poivrons, pain perdu, poissons, café le tout en abondance, comme on n’arrive pas à tout manger, la dame nous enveloppe le reste dans du papier alu en prenant soin de nous mettre du sel …ce sera notre déjeuner du midi….puis nous démarrons notre étape en continuant à suivre les gorges du Danube.
La route monte durant quelques km pour atteindre un joli point de vue sur les Portes de Fer. Les gorges se resserrent à cet endroit puisqu’elles font environ 150 m alors qu’hier soir la largeur entre les deux rives était de 2 km. Les vues et les panoramas sur les portes de fer sont superbes.
Le fleuve puissant s’engouffre dans ces gorges dominées par des parois verticales.
Sur la rive roumaine on aperçoit une paroi sur laquelle a été sculptée le « Decebalus Rex »

La route continue un peu à monter puis au sommet de cette côte nous entamons la descente vers le barrage de Sip qui a été construit à la sortie de ces gorges et qui ferme tout le fleuve. En même temps il sert de passage entre la Serbie et la Roumanie. Nous préférons rester côté serbe car nous apercevons beaucoup de camions sur la Roumanie. Il fait très chaud ; le vent nous est souvent le plus favorable heureusement. Après le barrage nous atteignons la ville de Kladovo où nous nous arrêtons déjeuner le long de la « plage » où ont été installés des sortes de parasols en paillotes comme dans les pays tropicaux…sauf qu’ici à la place des palmiers en face ce sont les cheminées des usines pétrochimiques qui rejettent leurs fumées dans l’air et sans doute pas mal de saloperies dans l’eau. Les gens se bronzent sur une plage envahie de bouteilles plastiques et de divers détritus et se baignent dans une eau plus ou moins trouble. Nous restons un certain temps à prendre un pot dans un café puis nous reprenons la route sous une chaleur accablante….la route longe en partie le Danube, nous traversons des villages complètement endormis….plus inquiétant des incendies se sont produits sur les terres. Des champs entiers sont carbonisés, maïs, tournesol…le vent violent attise les flammes. Par moment la fumée nous gêne pour avancer. Nous revenons sur une route principale, il fait toujours aussi chaud le thermomètre indique 38° à l’ombre ! 
on ne sait pas trop où on va s’arrêter car les villages traversés sont très petits. Par précaution nous faisons quelques courses dans une petite épicerie au cas où nous serions obligés de nous arrêter faire du camping sauvage.
Mais la route que nous empruntons sur la fin est assez fréquentée et ce sont surtout les bus qui sont dangereux..Claude s'est fait toucher par un bus qui le doublait ! belle frayeur heureusement sans gravité. Les camions sont d'ailleurs moins dangereux que les bus quand ils doublent ils prennent larges.
Finalement nous trouvons un camping à Kupuzinste où le propriétaire est aussi aimable qu’une porte de prison. C’est la première fois qu’on est si mal accueilli. Quelle différence avec ce matin et ce souple si sympathique de Golubinje. Nous plantons les tentes sur un terrain très caillouteux. On peut prendre une douche, c’est déjà ça ! ne parlons pas des sanitaires qui sont dans un état déplorables mais ça il fallait s’y attendre. On a d’ailleurs beaucoup plus intérêt à loger dans les petites pensions car elles ne sont pas plus chères. Ici ce camping dégueulasse c’est 7,5 euros/pers. Aussi cher qu’un camping municipal en France dans une petite ville. Dans la nuit le vent est très violent. Claude et moi on se relève pour fixer les sardines que l’on a eu du mal à faire entrer dans le sol caillouteux. Mais au moins la température fraîchie. Le temps devrait changer.

Kupuzinste - Vidin 29 août

Effectivement le temps a totalement changé. La température est en chute libre, tant mieux ! Il fait un vent plutôt violent mais qui nous est favorable….on a plu qu’à hisser le spi ! Aujourd’hui on sort de la Serbie pour faire une incursion en Bulgarie avant de franchir le Danube pour gagner la rive roumaine demain. La route longe le Danube en empruntant un chemin caillouteux et bosselé. Le fleuve est presque houleux
avec le vent violent qui nous pousse et on en a besoin car de sérieuses côtes inattendues vont mettre à mal nos mollets ! Les panneaux balisant la route sont toujours présents. Sur chaque panneau une phrase, type maxime ou citation est toujours notée. 
Ces panneaux une fois la douane passée disparaîtront. Au camping était présent un couple de suisses qui voyagent avec trois jeunes enfants ! Voyage au long cours puisqu’ils envisageaient d’aller au Viet Nam mais sans doute vont-ils changer de direction car pour aller là bas il faut du temps et l’hiver sera là dans quelques mois…sans compter les pays en guerre ou douteux qu’il faut traverser pour aller en Asie du S.E….ils ont chacun une petite carriole avec les enfants….
Nous on a nos sacoches c’est déjà pas mal à tirer ! le paysage change, petites collines qu’il faut gravir puis descendre….
la frontière approche…. mais avant le passage, pas de chance, Claude crève... 
La douane franchie on sent un autre pays.
On aperçoit les premières charrettes à cheval…des maisons délabrées…la Bulgarie est un pays qui sort de la pauvreté. L’entrée dans la ville de Vedin est peu reluisante. Routes en chantier, immeubles délabrées, 
une autre Europe se dessine celle de la pauvreté. Il paraît qu’en France Sarko fait la chasse aux Roms !

Belgrade Porte de Fer

Belgrade – Kovin ; 25 août

Comme prévu, Dominique arrive vers midi à l’aéroport de Belgrade, nous avons trouvé un bus qui nous ramène sur le centre de Belgrade avec le vélo à l’intérieur. Rapidement on déjeune puis on prend la route en direction de la petite ville de Kovin. Pour sortir de Belgrade il nous faut traverser le Danube car nous allons le suivre sur la rive droite. On emprunte un pont avec une grosse circulation. Heureusement on peut rouler sur un trottoir étroit.
Mais le pont est long pas loin sans doute d’un km. Le Danube bien évidemment est très large ici. Arrivé sur la rive droite, nous prenons une petite route qui longe la levée. Le chemin n’est pas évident, tantôt goudronné, tantôt sur de la terre, mais comme il fait très sec, rouler n’est pas trop dur. On atteint assez rapidement la ville de Pancevo qui marque en gros la fin de la banlieue de Belgrade. La route est bien balisée. Un partenariat entre l’Allemagne et la Serbie a été créé pour mettre en œuvre le projet de l’eurovélo sur cette partie du Danube en Serbie. 
Régulièrement les panneaux balisent et indiquent bien les routes à prendre. Aider par un vent plutôt favorable et une route très roulant nous filons un bon train. À une dizaine de km de l’arrivée, Dominique crève, il regonfle tous le km son pneu afin de terminer le parcours sans faire la réparation. Sur cette rive du Danube, le relief est plat ; alors que rive gauche il est plus mouvementé. En traversant les villages on remarque que les habitants font leur provision de bois pour l’hiver. Les stères de bois sont alignés devant les maisons et les gens scient ou fendent les buches qui doivent bien mesurer un mètre de long. Visiblement ici le chauffage est au bois. On ne voit pas non plus de panneaux solaires. Vers 18h30 nous sommes à Kovin, gros village situé en face de Smederevo. Nous y restons à passer la nuit après une étape de 60 km que nous avons fait dans l’après midi.

Kovin – Golubac ; 26 août

Le départ se fait toujours sous un beau ciel bleu…on se dirige vers Stara Palanka où nous prendrons un bac pour rejoindre la rive droite et rester en Serbie. Sinon en rive gauche nous serions entrés en Roumanie, ne sachant pas trop quelle option prendre nous choisissons l’option serbe. Le fléchage de la route est très bon. La chaussée est également très roulante. 
Le paysage change, le sol devient sableux, on a l’impression d’évoluer dans un environnement de petites dunes des bords de mer. Dominique crève une nouvelle fois. On s’aperçoit que son pneu avait gardé un très petit morceau de verre…

Au bout de 40 km le balisage nous indique le lieu du bac et nous suivons une rivière sur une digue dotée d’un chemin à peu près stable. 
De nombreux oiseaux sont présents le long de cette rivière canalisée. Malheureusement de nombreux déchets plastiques, bouteilles et autres ordures jonchent les rives.
Quatre km plus loin nous arrivons au lieu d’embarquement. En attendant le bac, 
nous déjeunons dans le petit restaurant à l’ombre sous les feuillages. Puis nous effectuons la traversée sur un petit bac qui nous emmène à Ram sur la rive droite. Ici le Danube s’étale comme un grand lac. Sur l’autre rive nous reprenons la route sur une petite voie de circulation qui va longer le fleuve. La chaleur est assez forte mais supportable. Après la ville de Velika Gradiste nous empruntons, un peu par erreur, une route où la circulation est plus importante. Au loin on aperçoit la rive roumaine qui apparaît très escarpée. Les petites villes traversées sont identiques à des petites stations balnéaires…Le soir nous nous arrêtons dans la petite ville de Golubac où nous trouvons un joli appartement pour nous loger tous les trois…

mardi 24 août 2010

Entrée en Serbie Сpбија


Vukovar – Novi Sad ; 22 août


On part sous une grosse chaleur de Vukovar. L’étape va être dure, car le profil est mouvementé, plusieurs côtes
nous attendent et cette étape est longue un peu plus de 90 km. Nous entrons en Serbie par un tout passage frontalier situé en haut d’une belle grimpette d’un peu plus de 1,5 km.
Les douaniers serbes sont peu bavards, ils tamponnent nos passeports, je me rends d’ailleurs compte que mon passeport est presque plein il reste simplement deux pages…si çà continue je vais devoir aller dans une ambassade demander un autre document….
En Serbie on n’a plus les panneaux de l’EV 6 qui parfois nous accompagnaient en Croatie. La route est plutôt mauvaise, très bosselée. On est dimanche il y a peu de circulation. Vers midi nous nous arrêtons déjeuner au bord d’un bras du Danube.
Des habitants sont là en train de pêcher et ils vont venir discuter un peu avec nous, on passe un très bon moment avec eux.
Puis nous repartons sur la route qui est en surchauffe ! Les côtes succèdent aux descentes, les jambes commencent à souffrir !
On visite une petite église en haut d’un village, au moins on a peu de fraîcheur à l’intérieur.
Petit à petit nous approchons de Novi Sad deuxième ville de Serbie. La circulation devient plus importante. On est loin de la voie tranquille d’il y a quelques jours et des tapis roulants de l’Allemagne ou de l’Autriche. Ici c’est bosselé, nids de poule mais surtout les bas côtés sont déformés et il est parfois difficile de maintenir le vélo en ligne. Il faut être vigilant à ne pas faire d’écart, à cause des véhicules qui doublent sans forcément prendre beaucoup de distance. C’est un peu stressant ! Je mets pour la première fois mon casque ! Une dizaine de km avant Novi Sad on monte une rude côte sous le soleil brûlant et le goudron qui fond en partie, comme on ne va pas vite dans la côte et que la route est étroite, il faut redoubler de vigilance avec les voitures derrière qui ont du mal à nous doubler…
Enfin après cette côte et sur un replat on aperçoit Novi Sad
et en contre bas le Danube, la vue est superbe. Ensuite il n’y a plus qu’à se laisser glisser dans la descente pour franchir le pont enjambant le Danube
en bas de la citadelle de Novi Sad et d’entrer dans le centre de cette ville,
prendre un pot bien mérité à la terrasse d’un café et de trouver un hôtel sympa pour enfin se mettre sous une douche bien fraîche….

Novi Sad – Belgrade ; 23 août

Encore une étape très chaude, et longue 100 km …pour arriver dans la capitale de la Serbie. 
Nouveau coéquipier !
En apéro on se paye un petit col de 4 km ça échauffe pas mal les jambes. En haut de cette côte, une paysanne vend des fruits, pêches, poires, très gentiment un automobiliste qui s’est arrêté nous offre trois kgs de fruits. Il y a comme cela des gens qui sont très sympas sur notre route. Le vélo est un très grand facilitateur. Dès que l’on cherche notre direction, on nous renseigne facilement. Un conducteur de train fait klaxonner sa machine et nous salue de la main. Les automobilistes nous klaxonnent aussi très simplement. Il faut dire que les cyclotouristes sont rares ici de même d’ailleurs que les touristes tout court….
Et puis en Serbie, l’alphabet est en cyrillique, c’est un peu plus compliqué pour déchiffrer les noms des rues ou des villes. Claude m’apprend que le Croate et le Serbe sont des mêmes langues mais l’une le Croate s’écrit en alphabet romain et l’autre le serbe en alphabet cyrillique. Le serbo croate s’écrivant dans les deux alphabets d’où l’expression « serbo croate » pour dire qu’on y comprend rien !
Doucement on s’avance vers Belgrade, le profil de l’étape s’est apaisé mais il fait une très grosse chaleur. Vingt km avant Belgrade on entre sur une route avec une grande circulation. Ce qui me fait peur se sont les bus qui nous rasent de très près mais sinon on s‘y fait. J’ai remis mon casque …protection à mes yeux bien futile en cas d’accident…mais bon dans l’ensemble les gens conduisent bien et font attention à nous.
L’entrée dans Belgrade est finalement assez facile, la chaussée s’élargit, devient meilleur et on arrive sans problème au bord du Danube où une belle allée nous emmène vers le centre. 
On discute avec un jeune cycliste qui nous demande d’où nous venons. Puis nous franchissons un pont pour nous diriger vers le centre où nous attend notre hôtel. Évidemment il faut gravir une belle côte pour y arriver !








Belgrade 24 août ; PC Réparé !

Jour de repos à Belgrade, dans la matinée nous trouvons un réparateur pour mon netbook qui a buggé …depuis Vukovar j’étais sans cet appareil qui me sert à remplir les pages de ce blog. Bien ennuyé car on trouve difficilement des cybers cafés et en plus la mise en ligne du texte et des photos prennent du temps. Cela me permet d’envoyer des nouvelles à tout le monde et de maintenir avec la famille et les amis des liens. Je pense notamment à ma mère qui est maintenant seule à la maison et qui suit mon voyage sur une carte de l’Europe et lit ce blog grâce à l’aide de mes frères. Mon père malheureusement n’est plus en capacité de suivre ce voyage. Je sais qu’il aurait été heureux de parcourir ce document lui qui parcourait très souvent les cartes et les atlas du monde. Aujourd’hui le PC est réparé…je peux reprendre la mise à jour. Et demain Dominique m’amènera également un second appareil que Colette très gentiment me prête (je ne pensais pas que j’aurais pu réparer ici le netbook)
Belgrade n’est pas à proprement parlé une belle ville….elle a souffert de la guerre.

Mais c’est une ville d’atmosphère, une ville qui vit…Le long des berges du Danube il fait bon se promener…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
on sent également une dynamique économique forte comme du reste à Novi Sad ou dans les petites villes traversées. Ce pays veut montrer qu’il a du ressort.

Demain (25 août) on va attendre mon frère à l’aéroport. Dominique est un vieux routier du vélo…à vingt ans à peine il était parti de Nantes vers le Cap Nord…puis il a enchaîné plusieurs périples à vélo l’Écosse, le Sénégal, la Yougoslavie du temps de Tito etc…Claude et moi espérons qu’il ne va pas nous « casser »….

Retour sur la guerre des Balkans


Osijek – Vukovar 21 août ; Retour sur la guerre des Balkans
On continue notre traversée de la Croatie…aujourd’hui on doit faire étape à Vukovar. 
Ville malheureusement célèbre, car cette ville située sur la rive sud du Danube, a subi les tirs de projectiles de toute sorte depuis la rive opposée où se situe la Serbie. 
Cette petite ville porte toujours les stigmates de la guerre et s’il fait bon vivre sur les bords du Danube dans la chaleur des soirées d’été, les immeubles, les maisons détruites sont toujours là pour rappeler les malheurs de cette guerre qui s’est quasiment déroulée à notre porte et que l’Europe n’a pas su régler.

La fin du boc de l’Est, et la mort de Tito quelques années avant, ont fait éclater la Yougoslavie. Tito sortait de la guerre 39 – 45 tout auréolé de son opposition au régime nazie à la tête de la Résistance, les Partizans, Tito le Croate, avait su fédérer les différentes régions des Balkans, tout en s’opposant à Staline. Créant un modèle, le titisme, fondé sur un système d’autogestion ouvrière qui en France faisait parfois rêver la gauche se réclamant de cette approche autogestionnaire, je pense notamment au PSU auquel à l’époque j’adhérais…
Si ce régime se détachait très nettement du modèle soviétique, il était fortement marqué par la bureaucratie et par la prise du pouvoir des oligarques du parti unique. Quand on voit aujourd’hui dans les campagnes de la Croatie, les ruines des anciennes fermes d’État, on s’aperçoit bien des limites de ce système. Tito, comme tous les hommes d’État, fonctionnant sur leur charisme et sur leur pouvoir personnel n’a pas su d’une part, comprendre que son système économique était voué à l’échec et d’autre part n’a pas su préparer par un manque d’institutions démocratiques sa succession. La suite malheureusement on la connaît… Revendication des indépendances des grandes régions. Indépendance accordée très vite à la Slovénie, pays le plus proche de l’Europe occidentale. Indépendance refusée par le pouvoir serbe à la Croatie et début de la guerre civile qui va par la suite s’étendre à toute la fédération yougoslave. Avec l’épuration ethnique qui va être mise en œuvre par Milosevic et ses généraux c’est toute une page d’horreur, que l’on croyait disparu, qui va de nouveau s’ouvrir en Europe.
Une Europe incapable de gérer ce conflit toute seule. C’est bien l’absence d’une Europe politique qui va être l’un des facteurs majeurs de cette guerre. Claude me faisait justement remarquer, que le chancelier Helmut Kohl en reconnaissant l’indépendance de la Croatie, avait créé beaucoup de confusion dans la fragile ligne politique européenne. Il faudra alors l’intervention des USA et des forces de l’OTAN pour que ce conflit prenne fin sans vraiment trouver dans le début des années 2000 de solutions politiques aux (micros) régions qui réclament leur indépendance : Kosovo, Macédoine, Monténégro…    
Et puis pour terminer sur ces réflexions personnelles, il ne faudrait pas être simpliste. Voir d’un côté les méchants serbes et de l’autre les gentils croates. Les choses sont évidemment bien plus complexes. Par la suite de ce voyage, nous allons rencontrer des serbes et je pense notamment à un jeune serbe avec qui nous allons un peu discuter. Lui n’a sans doute pas connu la guerre mais en cours de discussion on a l’impression qu’il sent un poids de culpabilité. Il nous dit que c’est difficile de vivre en Serbie. On a une impression de malaise chez ce jeune qui fait actuellement son service militaire, comme si les crimes commis par le pouvoir de Milosevic stigmatisaient toujours les habitants de la Serbie.

vendredi 20 août 2010

Traversée de la Croatie

Mohacs – Osijek ; 20 août

Une très belle étape aujourd’hui. On passe la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c’est la première fois où on montre nos passeports, on sort de l’U.E.

On entre en Croatie par la petite ville d’Udvar. Pour moi c’est le sixième pays que je traverse…Puis nous nous dirigeons vers les premiers villages croates. Le style de maisons change un petit peu. Certaines ressemblent de loin à des chalets savoyards. Dans l’ensemble ce sont des petites maisons et les premiers villages me semblent très pauvres. Après une belle bosse de 2 km environ, (cela faisait longtemps que nous n’avions pas grimpé…), 
nous atteignons vers midi un gros village, Batina où nous faisons quelques courses et nous changeons un peu d’argent. En Croatie la monnaie est le Kuna (KN). Ce village a souffert de la guerre certaines maisons n’ont pas été reconstruites et on voit sur les murs les impacts des balles. 
On poursuit ensuite en direction de la digue qui longe le Danube, ici il s’appelle le Dunav. 
L’environnement est très sauvage, nous entrons dans une réserve nationale. 
La réserve du Kopacki Rit. Dans les marécages on peut observer beaucoup d’oiseaux, hérons, aigrettes, oies ….le paysage est de toute beauté. 
On est pratiquement toujours tout seul. Par moment quelques rares voitures passent sur cette petite route. On voit aussi quelques grandes fermes abandonnées…sans doute des anciennes fermes d’État. Puis en soirée nous arrivons à Osijek, petite ville sur les bords de la Drava, grosse rivière qui vient grossir ici le Danube. Osijek est une ville où la guerre civile a fait rage…

beaucoup de bâtiments n’ont pas été encore reconstruits….