Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

samedi 11 septembre 2010

Vers le km Zéro !


Braila – Tulcea ; 9 septembre

« Officiellement » c’est notre dernière étape qui doit nous conduire à Tulcea. Cette ville marque la fin du parcours « routier » du Danube. En effet la seule route possible pour arriver sur la fin du delta se fait en bateau. Pour nous donc notre itinéraire vélo prendra fin ce soir à Tulcea. Ce n’est donc pas sans émotion que ce matin nous enfourchons nos machines puisque le projet que je nourrissais de depuis près d’un an sera réalisé ce soir. La pancarte annonce 90 km en fait on en fera 97...
Cette dernière étape va s’annoncer difficile. Le temps a changé, il fait frais mais surtout un fort vent d’Est va nous freiner considérablement. Et puis le profil est très vallonné, véritable toboggan qui surplombe le Danube. 
On va aller de bosses en descentes pour remonter d’autres bosses et dévaler d’autres descentes. On parle aussi de montagnes russes, ici elles sont plutôt roumaines même si nous ne sommes plus très éloignés de la Russie….Véritable « casse-pattes » la circulation assez importante de camions va venir également nous empoisonner la vie. Quand on monte une côte à 9 km/h et qu’un camion nous double en nous frôlant, on a plutôt des sueurs froides. Plusieurs fois je vais rouler complètement sur le bas côté au risque de me déséquilibrer. On roule relativement bien durant les 30 premiers km puis un peu moins ensuite car le vent ne cesse de forcir. Le temps commence à se mettre à la pluie…l’atmosphère est plutôt irlandaise ou écossaise.
Le Danube coule au-dessous de nous et s’étale en plusieurs bras, formant des îles de roseaux. 
Les villages sont plutôt rares sur cette route. À un moment on s’arrête dans un bar qui semble clinquant neuf, mais le jeune serveur est incapable de nous servir un café ! On continue, mais Claude commence à fatiguer très fort. On s’arrête sur le bord du chemin pour se faire chauffer du café et manger un peu car la fringale est là. 
Puis de nouveau, départ dans les bosses qui n’arrêtent pas. On croit être à la dernière quand une autre se profile à l’horizon. Ce sont des pentes qui font entre 500 m et 1.500 m et qui monte en moyenne entre 8 et 10 % pour ceux qui connaissent la vallée du Gesvres à côté de Nantes et de la Chapelle/Erdre c’est un peu comme la côte du Saz …une ça va, deux ça passe, à la troisième aussi et ensuite au-delà c’est plutôt rude pour les cuisses qui commencent à exploser !
À un endroit de la route je vois un chemin qui longe la rive du Danube, 
je décide de m’engager dedans pour éviter de monter une côte. Effectivement j’évite la côte, mais après ce chemin s’arrête,
on est obligé de pousser les vélos, bref l’idée n’était pas mauvaise mais dans la réalité ce n’est pas top !
Je crois que si nous n’avions pas eu la perspective de cette dernière étape on se serait peut être arrêté avant Tulcea. Les vingt derniers km sont faits dans une belle humidité. En même temps, et malgré les difficultés, je regarde les bornes qui défilent doucement  sur le bas côté de la route d’hectomètre en hectomètre, et je me dis çà y est on est arrivé au bout de ce joli projet…je savoure tranquillement ces derniers km, ce n’est pas la joie explosive comme après une course de 100 m, ni même celle qu’on connaît en haute montagne après une dure ascension. Mais un moment de grande sérénité, l’aboutissement d’une long chemin, en regrettant même que cela ce soit passé si rapidement…et pourtant cela fait plus de 60 jours qu’on est parti de St Nazaire…je repense à Moitessier, ce navigateur, qui ayant bouclé en tête la première course autour du monde sans escale en 1968, changeait de cap à quelques milles de l’arrivée et repartait pour une « longue route » titre de son ouvrage dans lequel il explique son choix de fuir en quelque sorte la société. On dit que dans les efforts physiques longs et intenses le cerveau secrète des endomorphines, ces neuromédiateurs sources de plaisir, sans doute à la fin de cette journée, les endomorphines doivent être nombreux car je sens que je pourrais continuer longtemps sur mon vélo.

Et puis voilà après une dernière côte Tulcea s’annonce….on est super heureux ….on a réussi notre parcours un peu plus de deux mois après notre départ à St Nazaire on a bouclé notre parcours 45 étapes, 4.400 Km environ….une belle aventure, un beau voyage….

mercredi 8 septembre 2010

Aux frontières ukrainiennes et moldaves

Harsova – Braila ; 8 septembre

Nous démarrons en empruntant la route à grande circulation qui m’avait tant stressé hier. On n’a pas le choix car nous devons passer un pont pour traverser le Danube. 
C’est en principe le dernier pont avant la mer Noire. Finalement tout se passe bien, la circulation n’est pas trop importante. À la sortie de ce pont d’où nous pouvons admirer la plénitude du Danube, 
nous avons repérer une petite route qui pourrait nous faire longer le Danube. Comme la carte que nous avons n’est pas précise nous demandons à un homme si nous pouvons suivre cette route. « Da, strada ni asphalta, digua » Facile à traduire la route n’est pas asphaltée, c’est la digue et en bicycletta vous pouvez y aller ! 
Ah oui le roumain est assez facile à lire …c’est un peu du latin, de l’espagnol, de l’italien, du français. Par contre à comprendre c’est un peu plus dur !!
Nous voilà donc partis sur cette digue et nous n’allons pas le regretter, c’est de toute beauté, l
le paysage est un désert marécageux, tout plat, des oiseaux très nombreux, hérons, aigrettes s’envolent à notre passage. On voit quelques agriculteurs dans des maisons très isolées. 
Des bergers qui gardent des troupeaux de chèvres et de moutons. Ce paysage fait penser parfois aux steppes de l’Asie centrale…
On aperçoit aussi quelques vieilles fermes totalement abandonnées. 
Les oies et les canards forment de nombreux points blancs formant contrastes avec la terre sombre. 
De temps à autre quelques voitures passent sur cette piste formant un nuage de poussière. Ce trajet s’étale sur environ une vingtaine de km. Nous entrons dans un gros village où nous pouvons acheter un peu de nourriture pour le déjeuner puis nous reprenons par une petite route toute défoncée qui à l’approche d’un autre gros village va devenir très carrossable. Nous filons tranquillement sur ces petites routes en nous éloignant un peu du Danube. 
Au loin on aperçoit quelques collines…sans doute sur l’autre rive. Vers une heure on s’arrête déjeuner dans une « épicerie buvette », très gentiment la commerçante nous fait une petite assiette de tomates et de poivrons que nous lui avons achetés pendant qu’un ouvrier roumain boit sa bière à côté de nous. Ici il n’y a pas à proprement parler de bistrot ce sont plutôt des épiceries où on peut s’asseoir dehors et manger et boire ce que l’on a acheté…il fait très chaud plus de 30°
Les gens nous demandent d’où l’on vient. Ils sont toujours un peu surpris par nos vélos chargés et encore plus quand on leur dit qu’on a fait près de 4.000 km pour venir de France à ici. C’est vrai qu’avec leurs vieux vélos, les pauvres roumains auraient bien du mal à parcourir autant de km…et puis nous repartons sous le soleil brûlant. en croisant quelques charrettes surchargées de fourrage. 
Ce soir nous dormirons à Braila, une ville importante de plus de 200.000 habitants. Port fluvial, et ville quasiment frontière avec la Moldavie et l’Ukraine. On loge dans un énorme hôtel, ancien hôtel d’État…de l’ère communiste ! ils ne faisaient pas dans la dentelle …

lundi 6 septembre 2010

En route vers le Delta du Danube

Oltenita – Silistra ; 4 et 5 septembre

Nous revenons en bus de Bucarest à Oltenita pour récupérer nos vélos. Surprise à l’arrivée, le restaurant où nous avions laissé nos vélos est fermé ! On se renseigne au bistrot qui est en face et l’on nous dit que les propriétaires sont à un mariage et qu’ils reviennent vers 18H00…finalement quelqu’un du café téléphone et le serveur du restaurant revient très gentiment nous ouvrir le local. Ensuite nous nous mettons à la recherche d’un hébergement, compliqué aujourd’hui à Oltenita il y a des mariages les deux hôtels sont pleins ! Une jeune fille d’un des deux hôtels parle français et nous propose un hébergement chez sa grand-mère, ce que bien sûr nous acceptons. 
Nous sommes donc logés dans cette famille où l’on nous met deux chambres à notre disposition. Le lendemain matin, la jeune fille qui nous avait proposé cet hébergement est présente et nous prépare un petit déjeuner. Nous discutons un peu avec elle car elle parle très bien le français. Elle est étudiante à Bucarest en géographie et travaille durant l’été à Oltenita sa ville natale. 
Pour nous cette rencontre est l’occasion de loger chez des habitants et de connaître un peu mieux les conditions de vie ici pour une famille. Conditions évidemment difficiles, le climat est rude, cet hiver elle nous dit qu’il y avait près d’1,50 m de neige ; les routes sont impraticables, et l’été c’est la canicule avec 40° comme nous avons eu l’occasion de le constater…les transports ne sont pas très rapides. Cette jeune étudiante nous laisse une impression de très grand dynamisme, sa maîtrise du français et nous supposons également de l’anglais nous laisse à penser qu’elle se débrouillera bien une fois ces études terminées…
Nous reprenons nos vélos pour nous diriger vers la ville de Calarasi distante d’une soixantaine de km, le profil de l’étape est plutôt plat, le paysage est un peu monotone et c’est assez rapidement que nous arrivons aux abords de Calarasi. Les ruines d’un ancien complexe industriel font office d’accueil. On ne sait pas trop si les immenses cheminées ne sont pas les vestiges d’une centrale nucléaire…le spectacle est plutôt triste. 
Nous avons d’ailleurs appris par cette jeune étudiante d’Oltenita que l’industriel indien Mittal a racheté ARCELOR a également racheté l’ensemble de la sidérurgie roumaine….peut être et sans doute pour la récupération des métaux….
Nous n’entrons pas dans Calarasi mais nous allons directement vers le Danube pour le traverser par un bac afin de rejoindre la rive droite et la ville bulgare de Silistra. Là nous trouvons un superbe hôtel au bord du Danube…un 5 étoiles au prix d’un formule 1 en France…













piscine, sauna, restau sur les bords du Danube quoi rêver de mieux après une journée de vélo ….

Silistra – Cernavodă ; 6 septembre

Au départ nous nous étions fixés Ion Corvin comme ville d’arrivée à un peu plus de soixante km, finalement nous irons un peu plus loin à Cernavodă mais au total cela fera 105 bornes. Étape donc un peu longue mais surtout très vallonnée. De belles bosses vont jalonner le parcours. En plus particularité, la route a des portions pavées, c’est Paris Roubaix qui s’annonce ! 
Mais nous retrouvons un beau paysage de collines ; de temps en temps nous dominons le Danube 
et puis nous plongeons vers le bord de ce fleuve pour retrouver une atmosphère qui rappelle les bords de Loire. 
En haut d’une côte, c’est un joli monastère que nous visitons.
Régulièrement nous croisons ou nous doublons les petites charrettes servant de moyens de transport comme chez nous autrefois.

Le Danube finit son parcours encore une centaine de km et il atteindra la Mer Noire. Bientôt c’est le delta qui va se former à Cernavodă nous traversons le canal qui arrive de Constanta et qui permet aux péniches de remonter de la mer Noire vers le Danube. Le trafic maritime est ainsi assuré et permet de faire le commerce des marchandises jusqu’à la frontière de l’Allemagne. Ce canal gigantesque,  terminé en 1984, aura nécessité plus de terre transportée que le canal de Suez !

Mais pour arriver à Cernavodă, les derniers vingt km auront été durs !! Nous pensions qu’arriver à Rasova nous en avions fini avec les côtes ; grossière erreur ! Elles sont toujours là !! Et elles sont raides à peu près 10 % à 10 km on s’arrête dans un petit village située à flanc de colline. 
On prend un pot sous une espèce d’aubette attenante à une épicerie. C’est apparemment le seul lieu de vie de ce village où s’arrête le bus. Des jeunes sont là …on échange un peu avec eux mais c’est compliqué la barrière de la langue est un rude obstacle, l’un d’eux revient au bout d’un moment avec des bières qu’il nous offre. C’est difficile de refuser mais nous lui faisons comprendre que nous ne pouvons les boire car il nous reste encore des km à faire et en plus le redémarrage en plein côte va être des plus problématiques !!!
Effectivement on ne s’en était pas aperçu mais la route qui traverse ce village remonte encore durant près d’un km à environ 10 % ; des bières par là-dessus et c’était fatal !
On atteint finalement Cernavodă vers 18H00 et avec beaucoup de mal nous trouvons un hôtel, qui doit servir dans la journée d’hôtel de passe et dans la nuit d’hôtel pour les travailleurs roumains car l’hôtel est plein…et on a un peu chance je pense en y trouvant une chambre….

Cernavodă – Harsova ; 7 septembre

Surprise ce matin au départ un groupe d’allemands une quarantaine est sur notre route. Il s’agit d’un groupe, sans doute des retraités, qui voyage léger avec un car tirant une remorque pour mettre les vélos. Ils sont partis depuis environ une semaine et rejoignent eux aussi le delta du Danube en étapes d’une cinquantaine de km …C’est une option certainement très confortable mais pour nous un groupe de trente à quarante c’est un peu trop …et très envahissant quand on traverse des villages où il n’y a même pas un bistrot et tout juste une épicerie….nous on est très bien tous les deux avec nos vélos lourdement chargés mais libres comme le vent qui nous pousse vers le delta du Danube. Le profil du parcours est toujours aussi accidenté. C’est du genre bords de Loire avec des côtes comme à Champtoceaux pour ceux qui connaissent. Côtes qui varient entre 800 et 1500 m avec des pentes qui doivent parfois dépasser les 10 %. Nous avançons tranquillement allant de collines au bord du Danube pour remonter de ce bord vers une autre colline d’où nous dominons le fleuve qui s’élargit considérablement. 

 
 
 
Après le village de …où nous prenons un pot avec le groupe d’allemands qui nous a rejoint nous atteignons une voie à grande circulation que nous empruntons durant 7 à 8 km …puis devant le danger que représentent les camions nous préférons la quitter à un croisement pour rejoindre un petit village. Mais sur ce trajet que nous avons choisi, nous sommes sortis de l’itinéraire classique et nous n’avons plus de cartes précises aussi c’est au feeling que nous nous dirigeons. Nous atterrissons dans un village où la route goudronnée s’arrête. Peu d’habitants ; visiblement les rares personnes que nous croisons voient pour la première fois débarquer des cyclistes….On essaye tant bien que mal de demander la direction mais ce n’est pas évident. C’est ainsi qu’on se retrouve dans des chemins pour les charrettes ou les machines agricoles dans les champs de tournesols….
C’est un peu l’aventure ! Finalement à force de demander et en fonction de notre sens de l’orientation (le soleil est bien visible, on n’a pas de boussole…ce qui serait parfois utile d’ailleurs)  on se retrouve à descendre un chemin 
qui nous ramène sur une route en bord du Danube d’où nous pouvons rejoindre la ville d’Harsova. 
 
 
Là nous trouvons une petite pension à la sortie de la ville. 
 
C’est pas notre hôtel 5 étoiles de l’autre jour mais cela suffit grandement pour prendre une douche, manger, dormir. 
Les serveuses roumaines sont très gentilles. Ici sur cet itinéraire les cyclistes comme nous sont très rares (les allemands ont leur car et rejoignent chaque soir un hôtel bien plus « class »  et l’accueil est souvent très sympa…je ne suis pas sûr qu’en France les roumains soient si  bien accueillis !!!! Nous voilà donc bien installés dans cette petite pension, 
alors qu’un petit orage éclate…et que nous entendons le « doux ronronnement » des moteurs des camions et des voitures (ah oui nous sommes en bordure de la nationale et ça roule fort !!) Demain on franchira le Danube par un pont pour rejoindre la rive gauche et pour remonter vers les frontières moldave et ukrainienne on verra comment ensuite ajuster notre itinéraire pour rejoindre Tulcea la ville roumaine qui est notre « terminus » puisque le Danube débouche là par son vaste delta dans la mer Noire.


dimanche 5 septembre 2010

Bucarest

Bucarest 2 et 3 septembre

Bucarest est une ville qui souffre sans doute de beaucoup de clichés et fausses représentations. Ceausescu, dans sa mégalomanie, voulait en faire une ville « impériale ». 
Il a effectivement fait beaucoup de dégâts en détruisant une partie du vieux Bucarest et en reconstruisant des bâtiments monumentaux et pratiquement tous dans un même style qui se rapproche du style empire. Peut être et cela ne serait pas surprenant était-il inspiré par Napoléon. 
Mais finalement de ces édifices monumentaux, le Parlement serait le bâtiment le plus grand du monde après le Pentagone, il se dégage de cette architecture une certaine esthétique qui vient démentir les fausses idées que l’on pourrait avoir de la capitale de la Roumanie. Il est bien évident qu’il ne faut pas rendre hommage à ce dictateur mégalo, mais nos rois de France ont aussi construit de très beaux châteaux alors que le peuple français vivait dans la misère et criait famine.
Bucarest est donc une ville où ces édifices s’imposent avec prestance, de même que les avenues ou les boulevards immenses.
Mais il suffit de sortir de ces grandes avenues 
pour entrer dans des vieux quartiers où l’on peut voir de nombreuses églises, 
d’anciennes maisons, souvent à colonnades, l’origine roumaine est toujours présente dans l’architecture des maisons. 
Et puis le centre historique est en ce moment en pleine rénovation. Des plateaux piétonniers sont en train d’être conçus,
les terrasses des cafés sont animées. Un peu comme Belgrade, Bucarest est une ville dynamique, jeune. On s’y déplace facilement par le métro voire en vélo puisque nous-mêmes en avons utilisés, prêtés gratuitement par une association « Green Révolution » pour une durée de deux heures. 
Bucarest est même dotée d’un réseau de voies cyclables.
C’est vrai, c’est un réseau un peu restreint mais nous avons circulé assez facilement dans la ville ce qui nous a permis de la visiter quasiment entièrement.
Pour revenir à ces édifices il est bien évident que ce qui est devenu aujourd’hui le Parlement et qui était le palais de Ceausescu est impressionnant. Quand je l’ai vu de face à partir de la façade principale j’avais en souvenir cette vidéo de décembre 1989 où l’on voit Ceausescu prononcer son dernier discours et l’interrompre puisque sur cette place éclatent des manifestations dont on sait aujourd’hui qu’elles sont loin d’être spontanées.
Puis ne pouvant continuer son discours le dictateur s’enfuit en hélicoptère. On connait la suite, une parodie de procès qui sera diffusé sur une vidéo, puis une exécution immédiate du couple Ceausescu. Si on ne va pas pleurer sur cette fin, on ne peut que regretter qu’il n’y ait pas eu un véritable procès qui aurait permis de démonter les mécanismes du système et d’entendre les différents responsables de ce régime totalitaire. Mais sans doute beaucoup de personnes  et pas seulement les responsables roumains, avaient intérêt à ce que ces procès n’aient pas lieu….
Vingt après, la Roumanie est entrée dans l’U.E. à mes yeux c’est trop tôt compte tenu des écarts de développement avec l’Europe occidentale d’autant que le manque de contrôle sur les subventions a entraîné une corruption très importante. Mais les faits sont là, la Roumanie se développe, elle n’est plus seulement le pays où l’on fabrique des produits « low cost » (toutefois ici le premier prix de la Dacia Sandero est à 5.900 €) ; son infrastructure de transport s’améliore, l’agriculture se modernise, les entreprises bancaires, les assurances investissent beaucoup ici. Une classe moyenne est en train d’émerger. Tout cela malheureusement dans des déséquilibres importants tant au niveau des territoires qu’au niveau de la population. Mais point positif dans les projets de développement assurés par l’Europe, le volet social est très présent, dans chaque territoire  les projets de développement prévoient l’amélioration des constructions scolaires, la mise en place d’un réseau de soin, la mise en place de centres médico sociaux je suis très critique sur les politiques européennes, je dois reconnaître qu’ici l’Europe investit également dans le domaine social et c’est tant mieux.

vendredi 3 septembre 2010

Arrivée à Bucarest

Giurgiu - Oltenita ; 2 septembre ; arrivée à Bucarest

Nous commençons à accuser un peu de fatigue, pour moi c'est mon 40ème jour de vélo... et nous décidons aujourd’hui d’aller jusqu’à Oltenita distant d’environ 70 km et de cette ville de rejoindre Bucarest par le bus. Dominique lui continuera vers les côtes de la Mer Noire, il connait assez bien Bucarest pour y aller régulièrement dans le cadre de son travail. Le vent est toujours aussi fort et il va continuer à nous aider dans notre progression. Nous sortons de Giurgiu par une route quatre voies en utilisant la bande d’arrêt d’urgence. Il n’y a pas d’autre solution mais la circulation n’est pas très importante ce qui rend l’utilisation de cette route assez facile. Il faut dire que depuis notre entrée en Roumanie, les aménagements spécifiques vélos sont inexistants et la signalétique EV 6 également. De manière assez surprenante, la Serbie, ainsi que la Croatie qui ne font pas partie de l’U.E. disposent d’une très bonne signalétique EV 6, la Bulgarie et la Roumanie qui sont les deux derniers pays à être entrés dans l’U.E. n’en ont pas…alors que les eurovélos sont des programmes européens. Paradoxal !
Je pense également qu’il faudrait penser les aménagements des villes de ces deux pays en intégrant dès maintenant une infrastructure vélo en site propre. Actuellement les rues des villes sont surdimensionnées, la circulation est faible mais ira forcément en augmentant. Si l’U.E. veut favoriser des modes de transport moins gourmands en énergie, plus respectueux de l’environnement alors il faut favoriser dans les villes les transports collectifs et le vélo. 
Les gens ici utilisent beaucoup le vélo pour se déplacer, c’est comme chez nous dans les années 50 mais si on ne veut pas qu’ils fassent les mêmes erreurs que nous qui sommes passés avec l’augmentation du pouvoir d’achat du vélo à la mobylette puis à la voiture. Les pouvoirs publics, dont l’U.E., qui est le principal financeur des projets ici, doivent inciter les gens à garder leurs vélos en rendant confortable son utilisation et en sécurisant comme en Hongrie (pays le plus proche) les voies cyclables.
Il faudrait donc anticiper en profitant de ces immenses rues dans les villes pour les restructurer en partie en voies cyclables séparées de la chaussée voiture.
Idée à suggérer aux "Verts européens" qui sont présents en Roumanie..



Après une quinzaine de km nous quittons cette voie à grande circulation qui mène à Bucarest et nous nous engageons par une petite route vers Oltenita. La région ici est plus riche, les villages traversés sont en réaménagement. À la pauvreté que nous observions ces derniers jours dans les zones rurales succède une impression de territoires engagés dans une dynamique de développement. La chaussée de cette petite route est en très bon état. Bandes centrales et latérales sont bien tracées. Avec le vent on va très vite et sans trop de fatigue. On atteint en début d’après midi Oltenita où nous déjeunons dans un petit restaurant. La jeune fille qui nous sert parle assez bien l’anglais et nous lui demandons si nous pouvons laisser nos vélos durant deux jours ici. Au début elle nous répond que cela n’est pas possible puis finalement après en avoir discuté avec une autre personne, sans doute le propriétaire, mais on n’en est pas très sûr…celui-ci accepte et nous laissons nos vélos dans un local attenant au restaurant.
Dominique reprend la route tout seul vers les côtes de la Mer Noire. Il doit être de retour en France pour le 6 septembre pour reprendre son travail. De notre côté nous préparons un sac et nous allons prendre un bus qui nous amènera à Bucarest en une petite heure.
À Bucarest nous avons réservé une chambre à l’hôtel « BERTHELOT » 
et oui ce nom est célèbre en Roumanie…Il s’agit d’un général, Mathias BERTHELOT, qui avait pris la tête d’un régiment français durant la première guerre mondiale et qui avait aidé la Roumanie à combattre contre les allemands et à garder son indépendance. Il semble qu’ici il soit connu comme un héros national. 
Je connaissais un peu ce général, car mon grand père paternel avait combattu ici en Roumanie et à Thessalonique et un jour alors que son commandant d’unité lui demandait s’il était de la famille du général Berthelot il répondit « Bien sûr, je suis son neveu ! » évidemment c’était totalement faux et il écopa de quelques jours d’arrêt !