Diaporama photos de Claude : St Nazaire Orléans

mardi 24 août 2010

Entrée en Serbie Сpбија


Vukovar – Novi Sad ; 22 août


On part sous une grosse chaleur de Vukovar. L’étape va être dure, car le profil est mouvementé, plusieurs côtes
nous attendent et cette étape est longue un peu plus de 90 km. Nous entrons en Serbie par un tout passage frontalier situé en haut d’une belle grimpette d’un peu plus de 1,5 km.
Les douaniers serbes sont peu bavards, ils tamponnent nos passeports, je me rends d’ailleurs compte que mon passeport est presque plein il reste simplement deux pages…si çà continue je vais devoir aller dans une ambassade demander un autre document….
En Serbie on n’a plus les panneaux de l’EV 6 qui parfois nous accompagnaient en Croatie. La route est plutôt mauvaise, très bosselée. On est dimanche il y a peu de circulation. Vers midi nous nous arrêtons déjeuner au bord d’un bras du Danube.
Des habitants sont là en train de pêcher et ils vont venir discuter un peu avec nous, on passe un très bon moment avec eux.
Puis nous repartons sur la route qui est en surchauffe ! Les côtes succèdent aux descentes, les jambes commencent à souffrir !
On visite une petite église en haut d’un village, au moins on a peu de fraîcheur à l’intérieur.
Petit à petit nous approchons de Novi Sad deuxième ville de Serbie. La circulation devient plus importante. On est loin de la voie tranquille d’il y a quelques jours et des tapis roulants de l’Allemagne ou de l’Autriche. Ici c’est bosselé, nids de poule mais surtout les bas côtés sont déformés et il est parfois difficile de maintenir le vélo en ligne. Il faut être vigilant à ne pas faire d’écart, à cause des véhicules qui doublent sans forcément prendre beaucoup de distance. C’est un peu stressant ! Je mets pour la première fois mon casque ! Une dizaine de km avant Novi Sad on monte une rude côte sous le soleil brûlant et le goudron qui fond en partie, comme on ne va pas vite dans la côte et que la route est étroite, il faut redoubler de vigilance avec les voitures derrière qui ont du mal à nous doubler…
Enfin après cette côte et sur un replat on aperçoit Novi Sad
et en contre bas le Danube, la vue est superbe. Ensuite il n’y a plus qu’à se laisser glisser dans la descente pour franchir le pont enjambant le Danube
en bas de la citadelle de Novi Sad et d’entrer dans le centre de cette ville,
prendre un pot bien mérité à la terrasse d’un café et de trouver un hôtel sympa pour enfin se mettre sous une douche bien fraîche….

Novi Sad – Belgrade ; 23 août

Encore une étape très chaude, et longue 100 km …pour arriver dans la capitale de la Serbie. 
Nouveau coéquipier !
En apéro on se paye un petit col de 4 km ça échauffe pas mal les jambes. En haut de cette côte, une paysanne vend des fruits, pêches, poires, très gentiment un automobiliste qui s’est arrêté nous offre trois kgs de fruits. Il y a comme cela des gens qui sont très sympas sur notre route. Le vélo est un très grand facilitateur. Dès que l’on cherche notre direction, on nous renseigne facilement. Un conducteur de train fait klaxonner sa machine et nous salue de la main. Les automobilistes nous klaxonnent aussi très simplement. Il faut dire que les cyclotouristes sont rares ici de même d’ailleurs que les touristes tout court….
Et puis en Serbie, l’alphabet est en cyrillique, c’est un peu plus compliqué pour déchiffrer les noms des rues ou des villes. Claude m’apprend que le Croate et le Serbe sont des mêmes langues mais l’une le Croate s’écrit en alphabet romain et l’autre le serbe en alphabet cyrillique. Le serbo croate s’écrivant dans les deux alphabets d’où l’expression « serbo croate » pour dire qu’on y comprend rien !
Doucement on s’avance vers Belgrade, le profil de l’étape s’est apaisé mais il fait une très grosse chaleur. Vingt km avant Belgrade on entre sur une route avec une grande circulation. Ce qui me fait peur se sont les bus qui nous rasent de très près mais sinon on s‘y fait. J’ai remis mon casque …protection à mes yeux bien futile en cas d’accident…mais bon dans l’ensemble les gens conduisent bien et font attention à nous.
L’entrée dans Belgrade est finalement assez facile, la chaussée s’élargit, devient meilleur et on arrive sans problème au bord du Danube où une belle allée nous emmène vers le centre. 
On discute avec un jeune cycliste qui nous demande d’où nous venons. Puis nous franchissons un pont pour nous diriger vers le centre où nous attend notre hôtel. Évidemment il faut gravir une belle côte pour y arriver !








Belgrade 24 août ; PC Réparé !

Jour de repos à Belgrade, dans la matinée nous trouvons un réparateur pour mon netbook qui a buggé …depuis Vukovar j’étais sans cet appareil qui me sert à remplir les pages de ce blog. Bien ennuyé car on trouve difficilement des cybers cafés et en plus la mise en ligne du texte et des photos prennent du temps. Cela me permet d’envoyer des nouvelles à tout le monde et de maintenir avec la famille et les amis des liens. Je pense notamment à ma mère qui est maintenant seule à la maison et qui suit mon voyage sur une carte de l’Europe et lit ce blog grâce à l’aide de mes frères. Mon père malheureusement n’est plus en capacité de suivre ce voyage. Je sais qu’il aurait été heureux de parcourir ce document lui qui parcourait très souvent les cartes et les atlas du monde. Aujourd’hui le PC est réparé…je peux reprendre la mise à jour. Et demain Dominique m’amènera également un second appareil que Colette très gentiment me prête (je ne pensais pas que j’aurais pu réparer ici le netbook)
Belgrade n’est pas à proprement parlé une belle ville….elle a souffert de la guerre.

Mais c’est une ville d’atmosphère, une ville qui vit…Le long des berges du Danube il fait bon se promener…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
on sent également une dynamique économique forte comme du reste à Novi Sad ou dans les petites villes traversées. Ce pays veut montrer qu’il a du ressort.

Demain (25 août) on va attendre mon frère à l’aéroport. Dominique est un vieux routier du vélo…à vingt ans à peine il était parti de Nantes vers le Cap Nord…puis il a enchaîné plusieurs périples à vélo l’Écosse, le Sénégal, la Yougoslavie du temps de Tito etc…Claude et moi espérons qu’il ne va pas nous « casser »….

Retour sur la guerre des Balkans


Osijek – Vukovar 21 août ; Retour sur la guerre des Balkans
On continue notre traversée de la Croatie…aujourd’hui on doit faire étape à Vukovar. 
Ville malheureusement célèbre, car cette ville située sur la rive sud du Danube, a subi les tirs de projectiles de toute sorte depuis la rive opposée où se situe la Serbie. 
Cette petite ville porte toujours les stigmates de la guerre et s’il fait bon vivre sur les bords du Danube dans la chaleur des soirées d’été, les immeubles, les maisons détruites sont toujours là pour rappeler les malheurs de cette guerre qui s’est quasiment déroulée à notre porte et que l’Europe n’a pas su régler.

La fin du boc de l’Est, et la mort de Tito quelques années avant, ont fait éclater la Yougoslavie. Tito sortait de la guerre 39 – 45 tout auréolé de son opposition au régime nazie à la tête de la Résistance, les Partizans, Tito le Croate, avait su fédérer les différentes régions des Balkans, tout en s’opposant à Staline. Créant un modèle, le titisme, fondé sur un système d’autogestion ouvrière qui en France faisait parfois rêver la gauche se réclamant de cette approche autogestionnaire, je pense notamment au PSU auquel à l’époque j’adhérais…
Si ce régime se détachait très nettement du modèle soviétique, il était fortement marqué par la bureaucratie et par la prise du pouvoir des oligarques du parti unique. Quand on voit aujourd’hui dans les campagnes de la Croatie, les ruines des anciennes fermes d’État, on s’aperçoit bien des limites de ce système. Tito, comme tous les hommes d’État, fonctionnant sur leur charisme et sur leur pouvoir personnel n’a pas su d’une part, comprendre que son système économique était voué à l’échec et d’autre part n’a pas su préparer par un manque d’institutions démocratiques sa succession. La suite malheureusement on la connaît… Revendication des indépendances des grandes régions. Indépendance accordée très vite à la Slovénie, pays le plus proche de l’Europe occidentale. Indépendance refusée par le pouvoir serbe à la Croatie et début de la guerre civile qui va par la suite s’étendre à toute la fédération yougoslave. Avec l’épuration ethnique qui va être mise en œuvre par Milosevic et ses généraux c’est toute une page d’horreur, que l’on croyait disparu, qui va de nouveau s’ouvrir en Europe.
Une Europe incapable de gérer ce conflit toute seule. C’est bien l’absence d’une Europe politique qui va être l’un des facteurs majeurs de cette guerre. Claude me faisait justement remarquer, que le chancelier Helmut Kohl en reconnaissant l’indépendance de la Croatie, avait créé beaucoup de confusion dans la fragile ligne politique européenne. Il faudra alors l’intervention des USA et des forces de l’OTAN pour que ce conflit prenne fin sans vraiment trouver dans le début des années 2000 de solutions politiques aux (micros) régions qui réclament leur indépendance : Kosovo, Macédoine, Monténégro…    
Et puis pour terminer sur ces réflexions personnelles, il ne faudrait pas être simpliste. Voir d’un côté les méchants serbes et de l’autre les gentils croates. Les choses sont évidemment bien plus complexes. Par la suite de ce voyage, nous allons rencontrer des serbes et je pense notamment à un jeune serbe avec qui nous allons un peu discuter. Lui n’a sans doute pas connu la guerre mais en cours de discussion on a l’impression qu’il sent un poids de culpabilité. Il nous dit que c’est difficile de vivre en Serbie. On a une impression de malaise chez ce jeune qui fait actuellement son service militaire, comme si les crimes commis par le pouvoir de Milosevic stigmatisaient toujours les habitants de la Serbie.

vendredi 20 août 2010

Traversée de la Croatie

Mohacs – Osijek ; 20 août

Une très belle étape aujourd’hui. On passe la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c’est la première fois où on montre nos passeports, on sort de l’U.E.

On entre en Croatie par la petite ville d’Udvar. Pour moi c’est le sixième pays que je traverse…Puis nous nous dirigeons vers les premiers villages croates. Le style de maisons change un petit peu. Certaines ressemblent de loin à des chalets savoyards. Dans l’ensemble ce sont des petites maisons et les premiers villages me semblent très pauvres. Après une belle bosse de 2 km environ, (cela faisait longtemps que nous n’avions pas grimpé…), 
nous atteignons vers midi un gros village, Batina où nous faisons quelques courses et nous changeons un peu d’argent. En Croatie la monnaie est le Kuna (KN). Ce village a souffert de la guerre certaines maisons n’ont pas été reconstruites et on voit sur les murs les impacts des balles. 
On poursuit ensuite en direction de la digue qui longe le Danube, ici il s’appelle le Dunav. 
L’environnement est très sauvage, nous entrons dans une réserve nationale. 
La réserve du Kopacki Rit. Dans les marécages on peut observer beaucoup d’oiseaux, hérons, aigrettes, oies ….le paysage est de toute beauté. 
On est pratiquement toujours tout seul. Par moment quelques rares voitures passent sur cette petite route. On voit aussi quelques grandes fermes abandonnées…sans doute des anciennes fermes d’État. Puis en soirée nous arrivons à Osijek, petite ville sur les bords de la Drava, grosse rivière qui vient grossir ici le Danube. Osijek est une ville où la guerre civile a fait rage…

beaucoup de bâtiments n’ont pas été encore reconstruits….

mercredi 18 août 2010

De Budapest à la frontière croate

Budapest – Dunavecse ; 16 août

Après une nuit d’enfer au camping, jeunes en fête jusque vers 2 heures du matin, puis dès 6 heures, groupe de jeunes polonais, qui commencent à plier leurs tentes dans le plus grand brouhaha, nous prenons un bon petit déjeuner hongrois, pain, beurre, fromage, charcuterie…plions nos tentes et nous prenons la route pour sortir de Budapest. La sortie de la ville ne se fait pas trop mal. Par moment il y a une voie cyclable, à d’autres moments nous empruntons des routes à forte circulation ; mais dans l’ensemble les autos nous doublent en s’écartant assez largement. Après la banlieue de Budapest nous commençons à entrer dans la Hongrie rurale. Je retrouve l’atmosphère que j’avais connue il y a quelques jours du côté de Györ. Petits villages aux maisons basses, toits recouverts de tuile. Le temps est assez chaud, plutôt lourd. La route est souvent déformée, nids de poule, bas côtés délicats. Le paysage est toujours aussi plat. Vers une heure nous nous écartons un peu de la route pour trouver un coin d’ombre au bord du Danube où nous déjeunons. À cet endroit le Danube est large, c’est un fleuve puissant. Régulièrement le long du fleuve des ferrys permettent le passage d’une rive à l’autre. Nous circulons nous sur la rive gauche que nous allons garder toute la journée. Vers 16 h le ciel devient très menaçant, d’un noir d’encre on sent que l’orage va arriver. 
Nous accélérons l’allure pour tenter d’atteindre un petit village, Makad, avant que l’orage n’éclate. Claude et moi allons assurer de long relais, le vent nous pousse, et c’est à plus de trente à l’heure que nous atteignons Makad alors que les premières gouttes commencent à tomber. Mais nous sommes à l’abri dans un petit bistrot le seul de ce village. Nous restons là tranquillement à prendre un pot en attendant que l’orage se passe. Trois quarts d’heure après nous reprenons la route. L’orage a rafraîchit la température. Nous longeons un bras du Danube le long d’une digue. 
Par ici c’est vraiment le désert. On sent une agriculture pauvre, on voit quelques troupeaux de moutons. Un peu de culture de maïs nous sommes dans des zones de marécage. Vers la fin du parcours nous sommes obligés de reprendre une route avec une circulation relativement importante. Nous arrivons dans la soirée dans une grosse bourgade, Dunavecse. Il n’y a pas de camping, nous trouvons un « motel » terme pompeux qui désigne un petit hôtel avec chambres sous les toits surchauffés…nous y passerons une nuit reposante.
Motel Direction Istambul ...
Dunavecse – Kalocsa ; 17 août  

Tranquillement ce matin nous repartons par un temps très beau, il ne fait pas trop chaud, le vent souffle dans le bon sens…quoi demander de mieux. Au départ nous nous engageons sur une voie non bitumée, en herbe. 
Rapidement nous essayons de la quitter car avec nos vélos chargés la maîtrise du vélo est difficile. Nous sommes rejoints par deux jeunes barcelonais qui sont partis de Donaueschingen  et qui rejoignent eux aussi la Mer Noire. Nous discutons un peu avec eux puis nous repartons eux vont assez vite car ils ont un temps relativement limité pour faire le parcours.
Nous reprenons une petite route bitumée mais à faible circulation. Les gens ici nous saluent de manière toujours sympathique. Les cyclorandonneurs sont assez rares. Nous traversons des champs où sont cultivés du maïs, du blé, des choux. Les petits villages traversés sont toujours très coquets. On y voit beaucoup de gens circuler à vélo. Après la petite ville de Solt, la voie vélo est tracée sur la levée. Elle est en parallèle de la route. On a l’impression qu’il s’agit de l’ancienne route qui a été intelligemment conservée pour la circulation des vélos. Vers une heure nous nous arrêtons au bord du Danube pour déjeuner, 
nous trouvons un joli coin avec tables, bancs…très reposant. Nous voyons même passer un bateau de croisière baptisé France. J’avais déjà vu ce bateau, c’était en Autriche à Melk. Ce bateau doit faire des croisières entre Belgrade et Passau. J’essaierai de me renseigner car pour le retour ce serait sympa de remonter le Danube en bateau…

Nous arrivons en milieu d’après midi à Kalocsa où nous décidons de rester. C’est une petite ville bien calme, sympathique. Très bien aménagée pour les vélos, on en voit partout. Cette ville a un musée du Paprika le seul au monde…mais il est trop tard pour y aller faire un tour. On verra demain matin. On fait un petit tour en vélo dans la ville, un peu de lessive, un peu d’écriture….un petit restau en soirée, dans ce qui devait sans doute être il y a 20 ans un restaurant d’État, tant son architecture et son volume rappelle le plus pur style soviétique…. 


Kalocsa – Baja ; 18 août
 
Aujourd’hui on a choisi d’aller à Baja, ville moyenne située à environ 45 km, mais nous allons prendre un itinéraire traversant la réserve nationale Duna Drava Nemzeti Park ce qui rallonge la route d’environ 40 km. Nous n’allons pas être déçus par cette traversée qui est de toute beauté. Il s’agit d’une réserve sur les bords du Danube où vivent une faune, notamment des oiseaux, et une flore très riche. Pour y accéder nous allons emprunter un ferry qui nous emmène sur la rive droite du Danube.

Ensuite nous nous dirigeons vers la ville de Szekszard où nous déjeunons. Puis nous atteignons cette réserve. La voie vélo emprunte une petite route, puis la digue. 
Le ciel très bleu donne des couleurs très vives au paysage verdoyant. Au loin on aperçoit quelques collines qui viennent rompre avec la plaine. 
De temps à autres des oiseaux, rapaces, s’envolent devant nous. Parfois nous apercevons quelques maisons sur le bord de la digue. 
Une voie ferrée particulière permet également de traverser cette réserve. Le trajet sur cette digue est très reposant ; on va faire environ une trentaine de km en toute tranquillité. Puis à une dizaine de km de Baja, cette tranquillité prend fin. Nous sommes obligés de circuler sur une route relativement étroite où la circulation est assez importante. Les voitures roulent très vite et la chaussée déformée sur les bas côtés déséquilibrent les vélos. On est assez tendus car un écart pourrait être assez dangereux. Enfin on atteint le pont qui traverse le Danube pour rejoindre Baja qui est sur la rive gauche. Une voie vélo en site propre permet en toute sécurité de passer sur l’autre rive où les panneaux EV 6 sont bien en place et vont nous guider pour atteindre le centre ville et le camping où nous allons dormir. L’EV 6 traverse des quartiers HLM avec une signalétique super bien faite. Les pistes cyclables passent au bas des HLM. On peut penser que la ville de Baja a su utiliser à très bon escient les financements européens dédiés à l’EV 6 pour également réhabiliter des quartiers populaires. Je trouve intéressant de traverser des quartiers et les allées tracées autour des immeubles pour arriver dans le centre ville. Le camping est au bord de la rivière qui sert de plage pour les habitants. 
On va en profiter pour aller piquer une tête dans l’eau et nous rafraîchir. Après 80 bornes en vélo cela fait un très grand bien !










Baja – Mohacs ; 19 août

On sort de Baja par l’EV 6, toujours bien fléchée.

Après une petite route on va rouler sur la digue qui n’est pas asphaltée mais bien roulante. 
L’environnement est très sauvage, à droite le Danube, à gauche des champs de maïs…et des marécages. On aperçoit quelques cigognes qui picorent dans les champs. 
Parfois ce sont des rapaces qui s’envolent devant nous. Après un pot pris dans un petit  camping aux couleurs très locales. 
On prend la direction de Mohacs. On est rejoint par un autrichien qui se rend à Belgrade. Je dois dire que depuis mon arrivée en Hongrie, les cyclorandonneurs ce font rares. Ce n’est plus l’Allemagne ou l’Autriche où on voyait une pléthore de cyclistes. Ici on sent que les cyclos qu’on rencontre de temps à autre « font vraiment la route… » On n’est plus dans le « cyclo tourisme »

Aujourd’hui on fait une étape courte 40 km, on s’arrête dans un camping en face de Mohacs. Pour rejoindre cette ville on doit prendre un ferry qui traverse le fleuve. Mohacs est la dernière ville avant la frontière avec la Croatie où nous nous rendrons demain.


vendredi 13 août 2010

Budapest

Budapest 13 août

Je viens d’arriver à Budapest par le train depuis Györ. J’ai bien fait car l’entrée dans Budapest n’est pas très simple et surtout je ne voulais pas être à chercher le camping. Budapest pour moi ce sont deux souvenirs l’un anecdotique, interrogé au lycée par un prof d’hist. Géo qui ne m’a pas laissé de souvenir impérissable par ses compétences…, sur les États de l’Europe centrale, je lui précisai que Budapest se divisait en deux villes : Buda et Pest ; croyant obtenir un bonus supplémentaire je croyais bon d’ajouter que Bucarest se divisait également en deux villes : Buca et Rest, mon bonus disparut sur cette erreur ! L’autre souvenir est plus dramatique, en 1956 j’avais à peine 7 ans et je me souviens de la phrase d’un reporter sans doute sur Paris Inter (ancêtre de France Inter) qui disait : « Les chars ont tiré sur la foule… » Pourquoi cette phrase est-elle restée gravée dans ma mémoire je ne saurais le dire…si ce n’est que Budapest était le premier État à se révolter contre la puissance soviétique. Cette révolte, comme on le sait sera noyée dans le sang, comme celle du printemps de Prague, de Gdansk... Il faudra attendre les évènements de Pologne et puis justement ici en Hongrie les premières failles du rideau de fer pour que le bloc de l’Est s’effondre sans vraiment que personne ne l’ait prévu.
Me voici donc à Budapest, il m’a fallu une heure pour me rendre de la gare à un petit camping que j’avais connu grâce à des forums de voyageurs. 
Une heure pour faire environ 5 km car ce n’est pas facile de trouver son chemin dans une grande ville où parfois les noms de rue n’apparaissent pas. Je remercie les hongrois qui toujours de façon très sympathique m’ont indiqué la bonne direction. L’un m’a même accompagné sur une partie du chemin. Je dois dire que Budapest a des voies cyclables mais comme à Nantes sans forcément de continuité et sans signalétique. Ceci dit pour traverser le Danube une très belle voie vélo longe le pont autoroutier. Aucun pont à Nantes n’est franchi par une voie vélo en site propre …cherchez l’erreur. Je suis donc bien arrivé à mon minuscule camping, situé à environ 5 km du centre historique de Budapest. Comme à Györ ce camping est dans un jardin évidemment c’est un peu serré mais quoi demander de plus dans une grande ville…
Se balader à vélo à Budapest est un petit peu acrobatique…car les automobilistes sont un peu nerveux…il paraît que le grand prix de F1 est au mois d’août…ceci dit à Nantes on est à bonne école…et finalement en sautant d’un trottoir à un autre et en traversant sur les passages piétons on s’en tire bien…il y a d’ailleurs pas mal de gens à vélo ici…j’ai même vu un coursier à vélo …également une 2 CV et une Trabant !

Cela faisait longtemps que je voulais visiter Budapest. Je n’aurais pas pensé y arriver à vélo mais vraiment Budapest est une très belle ville, on devrait d’ailleurs dire deux villes. Son centre historique est de toute beauté, bien sûr le parlement, 

mais aussi toutes les petites rues qui s’entrelacent et où on peut se perdre sans problème le Danube, Duna, en hongrois, sert de fil conducteur. L’atmosphère rappelle celle des villes italiennes, c’est vrai qu’il fait chaud, même très chaud, orageux, mais les gens le sont aussi !! Et les filles sont très « hot » ce n’est pas vraiment désagréable… plusieurs clochers, églises marquent le paysage de Budapest, souvent recouvertes de tuiles multicolores. 

Aujourd’hui avec un temps lourd et orageux les couleurs ressortent difficilement, cela manque de contraste, c’est un peu dommage. On sent une ville qui bouillonne. Une population assez cosmopolite, sans doute aussi beaucoup d’étudiants étrangers. Sorti du centre historique, on ressent par contre les difficultés … la voirie est souvent dégradée, les immeubles délabrés, et puis des sacs plastiques à traîner partout…


14 et 15 août ; Budapest

Comme prévu Claude arrive à Budapest. Je vais l’attendre à l’aéroport. Je prends un train qui m’emmène au terminal 1 de l’aéroport mais Claude arrive au terminal 2 que je rejoins à vélo, le train ne va pas là bas et les navettes ne prennent pas les vélos. Les deux terminaux sont très éloignés environ une dizaine de km ça je ne l’avais pas prévu. Une voie cyclable m’emmène à environ 2 km du T2 mais là c’est l’autoroute. Je devine une espèce de chemin qui long les grillages de l’aéroport et c’est au feeling que je m’engage sur un sentier et qui débouche sur une route qui elle-même arrive vers les parkings …je ne suis pas mécontent de mon flair ! car il n’y avait aucune indication et les abords des aéroports ne sont jamais évidents à aborder à vélo. Claude débarque vers 13 H 00 avec son énorme carton contenant son vélo. Nous trouvons un coin dans l’aéroport pour remonter les pièces qui ont été enlevées : selle, guidon, pédales etc…le temps de tout remonter cela nous prend pas loin de 1 heure et demie. Départ alors vers le train qui nous ramène à Budapest et ensuite traversée de la ville pour rejoindre le camping….

Le soir nous faisons une belle balade nocturne à travers le centre et le long du Danube. 
Le 15 août balade à vélo pour faire le tour de la ville. Ce qui est bien à vélo c’est que l’on visite une ville en toute facilité, sans souci de transport en commun ou de stationnement. C’est beaucoup moins fatiguant qu’en marche à pied…Budapest se laisse visiter facilement, la circulation à vélo n’est pas trop difficile les automobilistes même s’ils ont une conduite nerveuse nous laissent facilement passer ; à vélo on ne se sent pas un intrus ! De même la cohabitation piéton/vélo est facile.
Dès le matin, par une raide côte d’environ 2 à 3 km nous montons à la citadelle d’où nous avons une très belle vue sur la ville et le Danube (Duna).  
Malheureusement le temps très orageux et couvert ne permet pas de faire de très belles photos. 
Au sommet de cette citadelle se trouve la statue dite de la Liberté, 
statue monumentale, érigée en 1941, à l’initiative des  dirigeants hongrois pronazis et récupérée ensuite par le russes en 1945…(tout un symbole quant on connait les similitudes des régimes nazis et staliniens (il faut lire le livre de François FURET : « Le passé d’une illusion » pour comprendre les mécanismes mis en œuvre dans ces deux régimes totalitaires et monstrueux)
Puis nous partons vers le château de Buda où se situe le musée national hongrois. 
Très beaux monuments du 18 et 19ème siècle. 
Toujours dans Buda nous nous dirigerons ensuite vers le site où se trouve l’église de Mathias. 
Descente vers le Danube et direction l’île de Margrit, vaste île au nord de la ville, constituant un « poumon vert » de Budapest. Nous aurons la surprise de nous trouver devant la piscine où se déroulent les championnats d’Europe de natation. Il parait que nos « petits » français ont fait des merveilles !
Traversant cette île nous reprenons « pied » sur Pest pour nous diriger vers la place des Héros, vaste place où sont érigées là aussi des statues monumentales représentants les « héros » de la nation magyar. À côté se situe le parc «Varosliget » ou Bois de Ville, joli parc où a été construit un beau château. 
Nous terminerons notre journée par une « virée » nocturne le long du Danube jusqu’au parlement.

Dans ma hiérarchie toute personnelle des capitales européennes, je situe  Budapest comme 5ème ville la plus belle après Paris, Prague, Rome, Londres (classement très subjectif qui n’a pas forcément grand sens…)